Barnum Says So !Un vent de révolte souffle sur les médias, et les cireurs de pompe semblent avoir laissé la place, pour un temps, aux artilleurs. Quelques papiers sortent du lot :

 

- Populisme constitutionnel, par Olivier Duhamel, qui nous réveille chaque matin sur France Culture en tonnant contre l’infernale expansion du Barnum…

- La trahison des sages, par François Doutriaux

- La faute professionnelle du président de la République, par Christophe Brun

Quelques linguistes se penchent sur le cas Sarkozy, sur sa vulgarité et son étrange usage du langage. Un article à ne pas manquer, publié dans La Croix.

Human projectile

Suite à une activité barnumesque et anticonstitutionnelle absolument frénétique, N. Sarkozy a été contraint de repousser le match qui devait l’opposer à Caligula. La rencontre aura donc lieu vendredi 29 février et sera retransmise par Le Grand Barnum dimanche 2 mars, à partir de 19 heures 30.Le cercle de feu

N. Sarkozy aime le bon gros cinoche, les scènes qui font boum et Tom Cruise. Et comme l’un des principes du Barnum est de mélanger réalité et fiction, notre Président a conçu l’idée -somme toute normale pour un esprit médiatico-postmoderne comme le sien- d’utiliser sa fonction pour tourner, à l’échelle d’une nation entière, le grand remake d’un film où Tommy avait brillé il y a quelques années : Minority report.

1. Le movie

 

Minority report, réalisé par Spielberg à partir d’une extraordinaire nouvelle de Philip K. Dick, est un – plutôt bon – film de science-fiction qui se déroule en 2054, à une époque où le crime a disparu grâce à une incroyable trouvaille : arrêter les criminels avant la perpétration du crime.

Mais comment la chose est-elle possible ? Grâce à trois jeunes gens dont le patrimoine génétique a été modifié à cause de leur pov’ maman qui, issue des bas-fonds, tentait d’oublier sa misère en gobant des drogues synthétiques : cette mère indigne leur avait donc bousillé la cervelle quand ils étaient encore des foetus… Comme les fleurs poussent sur le fumier, la brave dame, privée de stock-options et incapable d’être trader, avait néanmoins rendu service à l’humanité en mettant au monde des triplés attardés, mais dotés de pouvoir extralucides : les charmants bambins étaient en effet capables de voir les crimes en gros 1/2 heure avant qu’ils soient véritablement perpétrés. On nomma donc ces petits génies les « Pre-cogs ». Read more

Avant-veille de match. Dans deux jours, Caligula affrontera Sarkozy en face à face. Mais notre président, au lieu de se consacrer àTrained pigs la préparation psychologique qui s’imposerait pourtant, décide de se faire valoir, dents blanches et sourire crispé, en serrant des pognes et en grignotant de la saucisse aux Comices agricoles. En bon peine-à-jouir, il n’y passera qu’une demi heure, et nous donnera un avant goût du futur combat et de son ampleur barnumesque.

Car comme Caligula, notre président garde toujours le sourire, quels que soient le caractère dément, le ridicule ou la vulgarité de la situation. Un jour qu’il méditait, Caligula partit d’un grand éclat de rire. Suétone relate ainsi la chose :

Dans un splendide festin, il se mit tout à coup à éclater de rire. Les consuls, assis à ses côtés, lui demandèrent avec douceur pourquoi il riait: « C’est que je songe, dit-il, que, d’un signe de tête, je puis vous faire égorger tous deux. »

L’adversaire de Caligula fait preuve d’un égal talent, et parvient à lâcher des insultes sans se départir de son sourire quasi botoxé. À un brave homme refusant de lui serrer la main (« Touche moi pas, tu me salis » – au moins un qui n’a pas l’échine souple et la langue servile), notre élégant président répond ainsi: « Alors casse toi, pauvre con »… et le fait le sourire aux lèvres !

Ce grand moment de barnum est disponible sur le site du Parisien (dont on se demande s’il n’est pas en train de virer antisarkozyste…) :

La vidéo

« D’où viens-tu, Caligula ? »

Greatest Show on Earth !Garçon un rien perturbé (Suétone nous apprend qu’il torturait, comme tout dingue en puissance, les petits chats), Caligula (soit, en bon français, « vieille godasse ») répond en réalité au nom un peu plus sérieux de Caius Caesar Augustus Germanicus. Né en 12 ap. J.-C., fils de Germanicus, il devient, par le jeu d’adoptions scabreuses et compliquées, le fils adoptif de l’empereur Tibère, lui même fils adoptif de l’empereur Auguste, lui même fils adoptif du grand César (alias Le Divin Jules, pour ses amis), lui même descendant direct de Vénus (sans adoption cette fois-ci). Tout cela fait évidemment une généalogie compliquée, qui finit par taper sur le système du pauvre enfant, et qui se résume par un arbre torturé que tous les historiens de l’Antiquité prétendent connaître mais que pas un seul d’entre eux n’est, en réalité, capable de se mettre dans la tête comme on s’en aperçoit quand on gratte un peu (normal, tous ces zouaves portent le même nom).

 

Reprenons

Caligula est fils de Germanicus, brave homme très aimé du peuple, et promis au premier rang de l’Empire. L’empereur Tibère, fin politique, fait éliminer Germanicus pour protéger son magot, puis adopte Caligula qui montera sur le trône une fois le vieil empereur parti ad patres suite à une indigestion. Joie! Allégresse! Jamais empereur ne monta si haut dans les sondages lors de son accession au trône. La plèbe s’était fortement lassée du vieux Tibère, un peu cacochyme, plus très glamour, et par qui elle se croyait méprisée au prétexte qu’il était fort mauvais communiquant (puisqu’il vivait planqué sur l’île de Capri). La dite plèbe (ingrate comme toujours) se réjouissait donc de voir arriver un empereur jeune, aux idées novatrices, payant de sa personne dans les meetings, bref, prêt à tout chambouler, et on allait voir ce qu’on allait voir. D’où sacrifices, actions de grâce, fiestas à tout casser pour célébrer le nouveau patron qui rentra à Rome sous les acclamations d’une foule en délire. Read more

« Ensemble, tout devient possible »

N. Sarkozy, l’auteur putatif de cette phrase, est loin d’être un génie. Lorsqu’il s’empara, en 2004, de l’Union pour un mouvement populaire, installé dans le 7e arrondissement parisien, il était néanmoins bien décidé à ne laisser aucune chance à la concurrence.

Barnum&Bailey

Le dit parti, appellé autrefois Union pour la majorité présidentielle, changea de physionomie. Publicité criarde, spam, Adwords Google, tongs UMP imprimant le sigle sur le sable chaud, capotes gratuites à l’effigie du futur président, tout était fait pour attirer le badaud à qui l’on offrait, au choix, déclarations à l’emporte pièce, poujadisme, promesses démagogiques, strass, paillettes, amour, disputes, RayBan et larmes à l’œil. Read more

« À chaque seconde, il y a un nouveau pigeon qui voit le jour. »

P. T. Barnum, l’auteur putatif de cette phrase, était un génie. Lorsqu’il fit l’acquisition, en 1841, du Scudder’s American Museum à l’angle de Broadway et d’Ann Street à New-York, il était bien décidé à ne laisser aucune chance à la concurrence.

Barnum&Bailey

Le musée, rebaptisé Barnum’s American Museum, changea de physionomie. Fanions, peintures géantes, calicots, jardins suspendus et montgolfières, tout était fait pour attirer le badaud à qui l’on offrait, au choix, nains, géants, femmes à barbes, sirènes empaillées, modèles réduits, bestioles exotiques, « indigènes » variés. Read more

  • Le Grand Barnum est membre de






  • Les thèmes du Grand Barnum


  • LGB vous conseille ses lectures sur le web





  • Le profil Facebook de Le Grand Barnum




  • Retrouvez LGB sur…






  • Les Kiwis publient…