Lisez, si vous en avez le courage, le très long article que Vanity Fair consacre à Carla Bruni, où il s’agit de déterminer si la première Dadame arrive ou non à la cheville de « Jackie ».

On y trouve de belles photos qui prouvent, si besoin en était, que Dadame Carla exploite à fond son statut pour faire tourner son business médiatique. En posant chic et choc sur les toits de l’Elysée par exemple (encore mieux qu’autrefois dans Vogue)…

Mais le couple de « romantic predators » (dixit VF) peut toujours exposer son intimité sans plus se soucier désormais du ridicule, rien n’y fera.

Sa stature de président, JFK, malheureux modèle de notre succédané de président, n’essayait pas de la récupérer par le biais de sa femme, en se montrant assis sur un lit devant un plasma.

Il l’avait, nuance…

Ainsi, Nicolas Sarkozy a « beaucoup souffert » sur la Princesse de Clèves.

Heureusement, nos médias, défenseurs éternels de la culture, s’offusquent de cette sortie de Notre Président tant ils aiment Mme de La Fayette sans l’avoir jamais lue. Jetons un nouveau coup d’oeil à la vidéo incriminée, que je reprends à Sarkofrance :


Nicolas Sarkozy s’en prend à la princesse de Clèves
par rue89

Ce qui me gêne n’est pas tant la déclaration de Notre Président : non, il l’avait déjà faite, en février 2006 :

« L’autre jour, je m’amusais, on s’amuse comme on peut, à regarder le programme du concours d’attaché d’administration. Un sadique ou un imbécile, choisissez, avait mis dans le programme d’interroger les concurrents sur ‘La Princesse de Clèves’. Je ne sais pas si cela vous est souvent arrivé de demander à la guichetière ce qu’elle pensait de La Princesse de Clèves Imaginez un peu le spectacle ! »

Il y a, je pense, quatre choses plus importantes que ces sorties elles-mêmes.

La première est leur caractère redondant. Encore et toujours la Princesse de Clèves. On apprend que notre Derrida présidentiel a été contraint de la lire à l’école : nous pouvons donc être sûrs qu’il l’a lue. Mais il ne cite qu’elle. De deux choses l’une :

- soit cette histoire n’est que du storytelling et il a appris sa fiche.

- soit il n’a jamais lu d’autre oeuvre classique.

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Notre gouvernement a compris la leçon : les campagnes de pub hors de prix pour vanter l’action du gouvernement, ça n’est plus trop de saison. Un peu trop gros, et un peu trop cher surtout.

Alors on se rabat sur la com internet, histoire de séduire les internautes, les fameux bloggeurs, et tous les gens qui glandent au bureau (ce qui fait du monde) mais qui ont voté Sarkozy parce qu’ils ne sont pas des fonctionnaires ou des intermittents du spectacle, et qu’ils gagnent leur vie en travaillant très très dur.

Cela donne un certain nombre de gignolades assez salées, dans la veine du site de l’Elysée dont Le Barnum avait déjà parlé. Bien accrocheur, bien vulgaire, bien facile à comprendre. Bien méprisant aussi, selon la posture sarkozyste habituelle, qui consiste à formater sa com pour un public de débiles légers. Read more

Une chaîne au thème délicat vient de m’atteindre. Lancée par Juan, transmise à NicolasJ., à Vogelsong, à Didier B et, enfin, à Rébus qui me l’a refilée.

Il s’agit, sans rire, de trouver quatre qualités à Nicolas Sarkozy.

J’étais tout d’abord tenté de m’inspirer de Plutarque et de son traité sur le bon gouvernement. Mais comme Dadame Carla nous sert sans cesse de la philosophie (et que je n’ai pas retrouvé mon Plutarque) et qu’elle se prétend, comme si de rien n’était, inspirée par le stoïcisme, le mieux est de traiter la question en s’aidant de la théorie, précisément stoïcienne, des cercles de l’oikeiôsis qui, pour le faire (très) bref, évalue la moralité d’un individu en observant le rapport qu’il entretient aux différents « cercles » de l’humanité : soi-même, sa famille, sa cité, l’humanité en général. Nicolas Sarkozy étant moins philosophe que sa femme, on définira ses cercles d’oikeiôsis de manière simple : Lui-Même, Ses Proches, Son Peuple, Le Monde. Comme ça, ça devrait aller.

Qualité n°1, le rapport à soi-même.

Notre président est sans complexe. C’est une qualité essentielle pour un dirigeant. Imagine-t-on un Président gêné aux entournures, mal à l’aise, timide et s’excusant de demander pardon ? Quelle horreur. Il nous faut un chef, quelqu’un qui ne tremble pas, qui s’impose et qui mène les Français derrière lui comme le jouer de flûte de Hamelin menait ses rats!

Et heureusement, Notre Président s’assume. Augmentation myriphique, phormidable explosion du train de vie élyséen, le tout face à la misère croissante du pays : jamais de gêne, que du plaisir. Comme un vrai dirigeant !

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« La République veut vous témoigner son admiration et sa reconnaissance« , a déclaré Notre Président en décorant Ingrid Bétancourt de la Légion d’Honneur, ordre créé pour récompenser la bravoure militaire, mais aussi « les grands services rendus à l’État dans les fonctions législatives, la diplomatie, l’administration, la justice, ou les sciences » (décret du 9 Prairial an IX, titre 2, art. 7).

Admiration, on peut comprendre. Sortir entière de là où elle se trouvait, c’est une performance. Mais la Légion d’Honneur est là simplement pour manifester la reconnaissance. Et c’est là que ça coince.

Celle que Elle qualifie de « femme libre » (jeu de mot douteux ou problème de compréhension du lexique ?) s’est surtout distinguée comme victime. Quel service a-t-elle pu rendre à la République ?

En jetant un coup d’oeil à la liste des promus du 14 juillet, on comprend évidemment que la notion de « grands services rendus à l’Etat » peut s’entendre comme services rendus à la sarkozye. On trouve ainsi J. Séguéla, qui a permis à Notre Président de rencontrer Dadame Carla, et J. Reno, grand soutien showbizz du sarkozysme.

Mais tout cela reste bien classique. Car ce que l’on récompense en distribuant la légion à ces gugusses qui font sourire voire grincer des dents, c’est au moins un acte, une parole ou un geste…

Ingrid Bétancourt ne rentre pas dans cette catégorie. Ce que vient d’inventer Notre Président en la décorant représente un nouveau genre de Légion d’honneur : la Légion décernée pour « service médiatique ».

Elle récompense celui ou celle qui, en ne faisant rien, en subissant quelque chose ou en montrant sa trogne dans le poste, a eu l’immense mérite de faire causer les médias et, surtout, de placer Notre Président sous un jour avantageux.

Et cela, ça n’a pas de prix.

L’activité médiatique débordante de Notre Président, les chansonnettes de la première Dadame de France (que l’on entend écorcher le chat jusque sur les ondes de France Culture) et la commémoration pathétique du Mondial 98 (L’émotion intacte, à dix ans d’écart, ça dénote quand même une vie affective un peu pauvre) ont une vertu essentielle : ils permettent de masquer les événements qui risquent de modifier nos institutions et notre quotidien à très court terme.

N’allez pas croire que Notre Président ait lâché quoi que ce soit sur le terrain de ses obsessions habituelles, et en particulier sur celui de la mise en coupe réglée de l’institution judiciaire.

Tout à sa haine de la loi, Notre Président et son autotélique ministre ont enfin trouvé la solution qu’ils cherchaient au problème qui taraude le pays tout entier : le manque de diversité dont souffrirait la magistrature française (par opposition aux troupes tellement hétérogènes de l’ENA, de la cour des comptes ou de l’Assemblée nationale par exemple).

Il a donc concocté, pour ces « petis pois » ayant tous “la même couleur, le même gabarit, la même absence de saveur”, une sauce sarkozyste qui leur ajoute un peu de piment. Entendez : qui transforme leur mode de recrutement. Sans doute pour introduire de la couleur, de la saveur et faire sauter le gabarit.

Le 17 juin dernier, le conseil d’administration de l’Ecole nationale de la magistrature (composé aux trois-quarts de membres nommés) a donc modifié la formule de son concours d’entrée, sous la houlette bienveillante d’une magistrate-garde des sceaux qui ne l’a elle-même jamais passé. Et l’on comprend alors, à la lecture des comptes rendus donnés par le Syndicat de la magistrature, ce que peut signifier la diversité à la sauce sarkozyste : Read more

Dans nos belles contrées du sud de la France, les soldes sont lancées et la fièvre de l’achat avec.

D’où une question légitime : les soldes sont-elles sarkozystes ? Ce qui revient, somme toute, à s’interroger sur l’impact qu’a Notre Président sur la consommation des ménages.

À cette question, les circonstances ont apporté d’elles-mêmes une réponse positive.

Car aujourd’hui même se sont répandus dans ma bonne ville du sud des hommes-sandwichs en nombre incroyable qui, alors qu’on ne les avait jamais vus auparavant, se mirent à distribuer frénétiquement des prospectus pour le Mont de Piété, semblable à celui scanné ci-dessous.

Tu as envie de t’acheter des conneries en soldes mais tu n’as rien en poche : emprunte, vache à lait consommatrice!

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