jan
26
Nicolas Sarkozy aux assises de la recherche, ou l’horreur absolue d’une communication dévoyée
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Il y a quelques jours, une amie qui se reconnaîtra m’a fait parvenir le discours prononcé par N. Sarkozy aux assises de la recherche. Un pdf de sept pages.
Après 5 minutes de lectures, et malgré l’en-tête du pdf, j’ai cru à une manipulation et envoyé un mail à l’amie en question pour qu’elle m’indique la source dont provenait le document: phrases agrammaticales, tournures d’une vulgarité confondante, raisonnements circulaires, interjections, interpellations grossières de l’auditoire, assertions volontaristes dignes de Monsieur Homais… Bref, une telle caricature de discours sarkozyste qu’un esprit tant soit peu critique ne pouvait se résoudre à y croire, quelle que soit son antipathie pour le bonhomme.
Puis, sans attendre la réponse de mon informatrice, je me suis rendu sur le site de l’Elysée. J’ai fouillé un peu, trouvé le compte rendu de la chose (qui date du 22 janvier), téléchargé un pdf.
Ce n’était pas une manipulation. Le document qui m’avait été envoyé était le bon et provenait directement du site officiel.
Que l’on puisse tenir ce genre de propos atterrants devant un parterre de chercheurs en dit déjà long sur le mépris dans lequel Notre Président tient l’Université et le monde de la recherche. Quoique venant d’un populiste, la haine du savoir et de ceux qui le produisent et le diffusent n’ait rien d’étonnant…
Mais qu’on puisse ensuite diffuser un torchon pareil, par le biais d’un canal de propagande officiel, voilà qui prouve que l’Elysée n’a rien abandonné de sa communication méprisante, et qu’il se soucie fort peu du citoyen qui vient lire les communiqués qu’il défèque. Style ou contenu, on a là la preuve de la complète dégradation du pouvoir en place.
Vous pouvez lire le pdf ici, ou aller le chercher sur Elysée.fr à l’adresse:
http://www.elysee.fr/documents/index.php?mode=cview&cat_id=7&press_id=2259&lang=fr
(Par principe, je ne linke pas vers l’Elysée…)
Mais vous n’échapperez pas à un florilège du très horrifique stile de Notre Président et de sa terryphiante argumentassyon.
jan
22
Depuis quelques mois, un membre éminent du gouvernement est porté disparu: François Fillon, enfermé dans un placard de l’Elysée. En janvier 2009, on peut affirmer que Notre Président a totalement phagocyté son malheureux Premier ministre. Le pouvoir exécutif est bel et bien devenu un monolithe, où la tentation monarchique n’est plus désormais qu’à peine réprimée. Nicolas Sarkozy a mis au pas son propre gouvernement.
Depuis la fin de l’année dernière, on a également compris que Nicolas Sarkozy entendait exercer sur les médias publics un contrôle moins distant qu’il ne siérait dans une démocratie saine d’esprit. N’était le Sénat, Nicolas Sarkozy mettait au pas l’un des principaux canaux d’information du pays.
Le 7 janvier dernier, Nicolas Sarkozy annonçait son intention de supprimer les juges d’instruction et de paralyser ainsi toute possibilité de lancer des enquêtes susceptibles de déplaire au pouvoir. Il exposait la chose dans un discours totalement autocentré, où l’on comprenait que le sujet n’était pas le rapport établi entre la Justice et les Français, mais celui que Notre Président voulait voir s’installer entre la Justice et sa propre personne. Nicolas Sarkozy s’apprête à mettre au pas l’institution judiciaire.
Depuis le mois de décembre, traînait l’idée selon laquelle on allait contrôler sans vergogne la durée des débats à l’Assemblée, et ratiboiser les discours interminables d’une opposition évidemment inutile. La chose est actuellement en débat au Parlement. Et pour faire bonne mesure, le « débat » en question se passe d’une manière proprement scandaleuse, ce dont augurait déjà l’algarade impliquant M. Lefebvre déjà évoquée ici.
jan
18
Démocratie chronométrée et démocratie méprisée: le franc-parler de M. Lefebvre
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Le projet de loi sur la limitation du temps de parole à l’Assemblée, dénoncé en ces lieux le 10 décembre dernier, est actuellement imposé au Parlement avec toute la violence de rigueur.
Juan a diffusé une intéressante vidéo où l’on assiste à une algarade opposant M. Lefebvre, le porte parole de Sarkozy, à quelques députés socialistes. Dans ce pur morceau d’anthologie, on y voit cet extraordinaire député non-élu affirmer, face à des socialistes lui reprochant de fuir l’hémicycle, que la loi ne se fait pas au parlement et qu’il a bien d’autres choses à faire que d’assister aux séances.
- Je vais vous dire une chose (notez la locution typiquement sarkozyste). Je ne vais certainement pas passer toutes mes journées en séance parce que je fais d’autres choses.
- Mais vous êtes député! Vous avez été élu pour faire la loi.
- Justement, la loi, elle ne se fait pas que dans l’hémicycle…
M. Lefebvre a bien raison: la loi se fait à l’Elysée. Au parlement, on se contente de la parapher.
jan
13
L’ego sarkozyste et la justice: la minute lexicale du barnum
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Notre Président a prononcé un bien beau discours, le 7 janvier dernier, sous les ors de la Cour de Cassation. Un bien beau monologue, que Le Grand Barnum vous propose de décortiquer sous vos yeux ébahis, en quelques coups de lexicométrie, histoire de rire un peu.
Ce bien beau discours, digne de passer à la postérité, contient 3666 mots, qui représentent 1066 formes lexicales différentes.
Sur ces 3666 mots, le pronom « je » apparaît 44 fois, le pronom « j’ » apparaît 15 fois, le pronom « me » apparaît 8 fois. 67 occurrences au total.
Et alors, me direz-vous? Eh bien, on peut rapporter tout cela au reste du discours. Et figurez-vous qu’il n’y a que trois mots qui soient davantage employés que l’expression du sujet dans ce texte.
Sans surprise, le mot de loin le plus employé est la préposition « de » : 187 occurrences. Puis viennent « la » (124), à (74), « le » (72). Autant d’occurrences non signifiantes donc, purement grammaticales. C’est le cas dans tous les textes.
Si on cherche le premier mot signifiant qui, dans ce beau discours, approche de « je » en nombre d’occurrences, on tombe sur « justice ». Ah, me direz-vous, Notre Président parle donc bien de la justice dans ce discours! Certes: 24 occurrences du terme. Comme pour nous faire comprendre que le sujet est moins la justice que l’ego de Nicolas Sarkozy face à la justice. On retrouvera ensuite des termes comme « juge d’instruction » (6 fois), « parquet » (2 fois) ou « police » (1 fois). Une misère. Read more
jan
7
Le monologue de Nicolas Sarkozy, ou la faillite de l’état de droit
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Il aura fallu des semaines pour que la presse se saisisse de ce scandale annoncé. Au moins aura-t-elle réagi, ce qui n’est pas toujours le cas.
Bref, l’annonce a eu lieu, en pleine Cour de Cassation. Toutes les enquêtes seront désormais menées par le parquet, sans que celui-ci gagne son indépendance. Le pouvoir exécutif aura donc tout pouvoir pour décider qui doit ou ne doit pas être poursuivi. Cela se passe en 2009, deux siècles et demi après Montesquieu et Beccaria. Dans quinze jours, on nous remettra la question dans la procédure pénale…
Mais Nicolas Sarkozy ne se laisse retenir par aucune pudeur. Il a donc pu se payer le luxe de parler de dialogue alors qu’il se contente de claironner ses volontés mal éclairées comme si le parlement n’existait pas et comme si ceux à qui il les imposait n’avaient rien à dire:
j’entends que mon propos soit, au-delà des termes convenus, un moment de vrai dialogue entre deux des trois pouvoirs nécessaires à l’équilibre de notre démocratie : le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire.
Comment ce dialogue est-il conçu ? Mais à la sauce sarkozyste, pardi: comme un monologue. L’exécutif décide, les autres… exécutent. À l’image d’une procédure pénale bien conçue : je te dis qui poursuivre et qui laisser tranquille, et… tu exécutes. C’est là ce que l’on appelle « l’équilibre de la démocratie ».
Cher justiciable, tu a tout intérêt à te magner le train et à courir t’encarter dans le parti que l’on sait…
Quelques articles à lire pour s’échauffer la bile:
- Quelques protestations des syndicats de magistrats, de Vallini et de ce qui reste d’opposants politiques dans Le Monde
et L’Obs - Une analyse de fond par David de Pas dans Libé
- Une autre chez Maître Eolas
- Encore une autre par Le Chafouin
- Et une autre sur ça réagit
- Un article sur le tollé que déclenche cette absurdité dans Le Monde, Libé et L’Obs
- Une interview audio du juge antiterroriste G. Thiel
- Un article de Voie militante
- Une interview d’Elisabeth Guigou dans La Croix
jan
6
Comment Nicolas Sarkozy s’apprête à piétiner l’institution judiciaire
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Nous en discutions ici même il y a quelques semaines: l’éminent maître Herzog, défenseur des faibles et des opprimés, et membre de la commission de réforme de la procédure pénale, avait en effet annoncé que le juge d’instruction pourrait perdre ses fonctions d’enquête, celles-ci se trouvant transférées au parquet qui, comme de bien entendu, conserverait sa dépendance hiérarchique vis à vis du Garde des Sceaux. Il s’agissait là de libérer les énergies et de permettre aux grands fauves de s’ébattre tranquillement, à l’abri de la bénédiction du gouvernement, tout en tapant dur, très dur, sur les petits délinquants que les Français veulent voir punis, si possible en direct sur Téléplouk.
Cette promesse d’indépendance judiciaire et d’absolue équité dans le traitement des justiciables vient d’être confirmée, le Monde nous annonçant que Nicolas Sarkozy, en Homme qui Peut Tout Se Permettre, allait se payer le luxe d’annoncer cette destruction en règle de l’institution judiciaire réforme lors de l’audience solennelle de la Cour de Cassation. Audience à laquelle, depuis toujours, le Président de la République assiste en se tenant coi. Tant qu’on y est, autant associer l’irrévérence au saccage, cela fera plaisir au bon peuple:
Nicolas Sarkozy envisage de supprimer le juge d’instruction pour confier l’ensemble des enquêtes judiciaires au parquet, sous le contrôle d’un magistrat du siège, appelé juge de l’instruction. Le chef de l’Etat devrait en faire l’annonce lors de la rentrée solennelle de la Cour de cassation, mercredi 7 janvier [...]. L’Elysée ne semble toutefois pas faire de l’indépendance du parquet un préalable à la suppression du juge d’instruction, à la différence de ce que préconisait le rapport de Mireille Delmas-Marty en 1990, ou, plus récemment, des réflexions de la commission Outreau.
Nous y sommes, donc. L’enquête indépendante a vécu, et avec elle la séparation des pouvoirs. Les politiques et les barons voleurs pourront désormais dormir tranquilles.
Mais l’on peut être sûrs que les applaudissements vont retentir. Pensez-vous: on supprime les méchants juges qui ont enfermé des innocents à Outreau…
Où l’on constate une fois encore que, comme n’importe quel autre populisme, le sarkozysme puise sa force dans la simplicité.
jan
4
Nicolas Sarkozy distribue ses étrennes selon les mérites de chacun
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Dans une ploutocratie bien gérée, les puissants savent adapter les récompenses, les dons et les honneurs qu’ils distribuent au
statut de ceux qui les reçoivent.
À sa femme de chambre, Madame la Comtesse offre ses vieilles godasses. Pour sa cousine la baronne, elle va chez Louboutun. Dans les deux cas, elle a la conscience tranquille: elle a fait ce qu’il fallait pour flatter chacun. Les âmes pauvres attendent moins que les autres parce qu’elles savent se satisfaire de peu et ont la reconnaissance facile. Et, mon Dieu, ce n’est pas chose simple que d’entrer dans les méandres d’âmes moins élevées -et moins riches- que la vôtre. Savoir ce qui fait plaisir aux classes inférieures, voilà la marque d’une âme bien née…
Nicolas Sarkozy, comme madame la Comtesse, n’est pas un homme avare quand il s’agir de distribuer les honneurs. Comme elle, il sait lire les affects des braves ploucos qui ne lui ressemblent pas. Comme elle, il tient un compte précis de ses largesses et sait donner à chacun ce qui saura le flatter à la mesure de son niveau social et du bon -ou mauvais- goût qui s’y trouve évidemment lié. Du beau pour les riches, des rognures pour les pauvres.
jan
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Comment s’alléger l’estomac après un réveillon trop chargé
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Les grandes dames savent rester élégantes en toutes circonstances.
Après avoir révélé à la France admirative qu’elle soignait sa courante au champagne (les plans coms de la VFP – ou Vraie Femme de Président – ne nous épargnent décidément rien), Dadame Carla a décidé de faire un geste contre les excès alimentaires du réveillon en proposant à nouveau une solution alternative au traitement médical.
Le champagne remplaçait l’Ercefuryl: la tévé remplacera l’Oxyboldine. Et une crise de servilité viendra apaiser la crise de foie.
Ce soir, le 1er janvier 2009 donc, l’ORTF inaugurera sa nouvelle grille en diffusant un documentaire consacré à notre femme-enfant nationale. À 23h15, le bon peuple subira une pénible hagiographie intitulée, on pouvait s’en douter, Carla Bruni, quelqu’un m’a dit.
69 minutes de guimauve et de bons sentiments permettront à chacun de dégueuler sa dinde – ou ses sardines, selon l’épaisseur de son porte-monnaie – de façon rapide et commode à la fois. Read more







