boulangerChaque semaine, vient s’abattre sur notre malheureux pays une nouvelle déferlante de haine sarkozyste. Magistrats, chômeurs, cadres non productifs, instituteurs de maternelles, paresseux refusant de travailler le dimanche, enseignants-chercheurs, grutiers, sportifs non performants, étudiants inutiles, lycéens de série ES… Avec une régularité de métronome, Notre Président, l’Homme Qui Peut Tout se Permettre, allonge d’un cran la liste de ses anathèmes, de son dégoût, de son mépris et de ses écoeurements.

S’agit-il encore de l’homme qui, dans son programme présidentiel rutilant, précisait au point n°15 (Fiers d’être français):

C’est finalement sans doute le pire de nos renoncements que d’avoir cessé d’être fiers d’être français. [...] Si je suis élu, je ne cesserai d’affirmer notre fierté d’être français.

À l’entendre, il n’y aurait pourtant pas de quoi être fiers…

Pays de ratés, ramassis bourbeux de minables, de paresseux, d’assistés, d’incompétents, de débiles légers, d’inconscients, de perdants et de crevards: comment voulez-vous qu’elle suscite la fierté, cette  France,  qui reçoit chaque jour son lot mérité de crachats régaliens?

Mais qui sait? Peut-être que Nicolas Sarkozy et le vil peuple ne s’entendent-ils pas sur le sens des mots? Peut-être le lexique est-il en train de pourrir sur pied, comme dans toutes les situations de crise? Peut-être Nicolas Sarkozy ne ressent-il pas la fierté comme le font les gens de peu que nous sommes?

Ou peut-être la fierté d’être français est-elle tout simplement de la connerie en barre? Read more

changengacepousesqk2Une erreur trop répandue tend à faire croire que l’obscénité n’apparaît que lorsque le sexuel entre en jeu. Ainsi, l’obscénité est-elle souvent associée à la grivoiserie, au rire gras du sous entendu crypto-pornographique, aux « cochonneries »:

Les trois hommes causaient cochonneries, parlaient chacun d’une petite collection d’obscénités, dont ils se régalaient chez eux.

GONCOURT, Journal, 1867, p. 389

C’est là une erreur fondamentale. Car on peut être obscène sans même sous entendre le moindre début d’une allusion sexuelle. Ainsi, les débalages sentimentalo-intimistes de Carla Bruni racontant sa vie de couple sont-ils parfaitement obscènes, sans pour autant contenir la moindre once de grossièreté ou de vicelarditude.

La France sarkozyste, en effet, est obscène d’une autre manière. Elle nous ramène à la définition la plus archaïque de l’obscénité.

L’obscène, avant d’être une évocation lubrique, est simplement ce qui vous force à imaginer ce que vous préféreriez ne pas avoir à imaginer. Rien n’interdit, ensuite, que cette obscénité soit redoublée par une autre, plus grivoise… Une sorte d’obscénité au carré, en somme.

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les-oies-du-sarkozysmeIl y a de cela quelques années, une jeune fille s’était plainte à la presse et à tous les médias possibles. Elle avait été agressée dans le RER par une bande de brutes qui lui avaient, entre autres joyeusetés, tracé au couteau une croix gammée sur le ventre. Jacques Chirac, notre président de l’époque, s’était indigné. La classe politique avait hurlé à la mort. La presse s’était soulevée. La population avait trépigné.

Mais ils avaient tous oublié une chose: la vérification des faits. Et comme de juste, tout était faux.

Alors… on avait glissé l’affaire sous le tapis, et comme les Français ont la mémoire courte, nul n’était mort du ridicule insondable dans lequel il s’était fourré.

Le 6 février dernier, la Voix du Nord dénonçait les propos indignes, outrageants, immondes, affreux, du méchant juge Didier Beauvais (le juge ne pouvant être que « petit », ou « méchant »). Car ce sinistre individu avait prétendumment déclaré lors d’une séance du conseil de discipline chargé de juger le cas Burgaud que:

Nous connaissions ces soirées habituelles, à Boulogne ou à Avesnes-sur-Helpe. Des soirées-bières où on invite les voisins, on boit beaucoup, on joue aux cartes ou au jeu de l’oie, et où le gagnant peut choisir une petite fille, avec l’accord des parents.

Les propos étaient rapportés par Éric Dussart, envoyé spécial du journal. Read more

Miss LeitzelBientôt, très bientôt, s’achèvera l’atterrante saga du Garde des Sceaux le plus incompétent, le plus indécent, le plus pistonné et le moins cortiqué que la cinquième République ait jamais connu. Rachida Dati, fanal du droit français, Everest de la jurisprudence, Mont Blanc de la procédure pénale et nouvel Hegel de la philosophie du droit va nous quitter.

Elle ira expier au parlement européen sa métamorphose en boulet politique désormais trop embarrassant pour le Prince qui, sur un caprice insensé, avait décidé de la placer là où elle se trouve. Elle devra donc se dégoter un autre budget que celui de la Justice française -l’une des plus pauvres d’Europe, soit dit en passant- pour faire exploser derechef ses frais de réception. Il lui faudra s’inventer un autre poste où elle pourra passer ses nerfs sur plus compétent qu’elle, comme elle le faisait régulièrement sur ses -nombreux- directeurs de cabinet. Elle aura à découvrir un autre moyen de faire parler d’elle et de séduire une presse qui, après l’avoir portée aux nues, la vomit désormais…

Il est plusieurs manières de quitter les ors de la République. En catimini. Avec panache. En se faisant regretter. Ou en en rajoutant dans la descente vers les abîmes de l’indigence intellectuelle.

En visite à l’École nationale de la magistrature, à Bordeaux, le 5 février dernier, Dame Dati s’était mis en tête de délivrer un beau discours aux auditeurs de justice fraîchement entrés à l’École. Read more

Eh oui, le discours de Notre Président aux assises de la recherche était un tissu de vulgarité, de suffisance, de mépris… mais aussi de mensonges.

C’est ce que rappelle opportunément la vidéo signalée par Sylvestre Huet sur son blog, et que Le Grand Barnum vous livre ici.

Trained pigsL’arrivée de M. Besson au ministère de l’Identité nationale (pseudo-concept sur lequel nous reviendrons très bientôt) nous offre l’occasion idéale de revenir sur un phénomène qui, après avoir fait couler beaucoup d’encre est désormais tombé dans l’oubli: les trahisons en chaîne, pudiquement qualifiées de « ralliements » et « d’ouverture », qui ont marqué le début du règne de Notre Président.

M. Besson, ancien préposé socialiste à la propagande anti-Sarkozy, auteur d’un truculent rapport sur les dangers du sarkozysme, a cru bon de déclarer

qu’il respecterait lui aussi « scrupuleusement » les engagements pris par le président de la République.

Et donc qu’il appliquerait strictement sa politique de « gestion » de l’Identité nationale et des l’immigration, avec laquelle il est, par conséquent, pleinement en accord.

M. Besson est donc un homme qui change vite d’avis, lui qui, dans son phormidable pamphlet (téléchargeable ici), affirmait:

C’est une évidence. Nicolas Sarkozy ne croit pas au « modèle républicain » d’intégration. De ses lacunes ou de ses échecs –malheureusement incontestables – il veut profiter pour non pas réformer ce « modèle », pour le rendre plus efficace, mais pour le démanteler. [...] Le modèle que le patron de l’UMP a en tête est communautariste et confessionnel.

La condamnation d’autrefois a été remisée au placard, et M. Besson joue à présent son rôle de traître joufflu sans le moindre état d’âme. Les charters vrombissent, les menottes claquent: si Nicolas Sarkozy ne croit pas au modèle républicain, M. Besson croit au modèle sens du vent.

Ainsi, dans la porcherie mentale française, le sarkozysme a réussi à installer un nouveau modèle de traîtrise, et à en faire une philosophie prête à l’emploi.

La traîtrise est en soi un comportement politique anodin. Ce qui l’est moins est la manière dont elle est exploitée, présentée et utilisée par le pouvoir en place et ses affidés. Read more

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