RaoultAuCirqueDans les rangs sarkozystes, on l’oublie parfois, se trouvent de vieux routiers de la bonne vieille droite d’antan. Pas seulement des réactionnaires sens du vent à la Besson. Pas seulement des renards communiant dans la bonne vieille doxa réactionnaire française tout en lui donnant un coup de jeune en la transformant en idéologie 2.0 postmoderne. Pas seulement des gens qui transforment en identité la classique idéologie souchienne, ou en dynamisation économique les cadeaux faits aux puissants…

Non, non: on trouve aussi du vieux, du solide, du pas voilé, du brutal.

En ces temps pathologiques de commémoration « du monde bipolaire » ou de la boucherie la plus stupide que l’histoire ait jamais connue, c’est à Eric Raoult, ancien chiraquien passé au sarkozysme, que revient l’honneur de nous offrir un petit retour dans les années 80 et à l’ère soviético-fascisto-idéologico-putride qui a tendrement bercé notre enfance. Read more

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0000-1321-4barnum-and-bailey-cleopatra-postersUne grande flatulence de soulagement secoue les tripes du pays tout entier. Le scandale s’achève. Dans sa grande sagesse, Jean Sarkozy renonce à briguer la présidence de l’EPAD et démontre au peuple abasourdi qu’il a vraiment la carrure d’un grand: lucide, ouvert, clairvoyant et pondéré.

Sonnez trompettes! Chantez, thuriféraires! Tombez, culottes! Circulez, discours tout préparés et confiés à chaque membre du gouvernement pour être régurgités sur les ondes et dans les oreilles rétives des malheureux citoyens!

Le fils du Grand Homme est un Grand Homme! Son népotisme écœurant, sa morgue ridicule, ses prétentions démesurées, son mépris du principe d’égalité qui devrait présider au fonctionnement de l’État, son parcours universitaire misérable, tout cela est oublié, puisqu’il a renoncé! Nouveau Cincinnatus, il quitte le pouvoir et ses jouissances pour retrouver son existence modeste – mais quand même menée aux frais du contribuable.

Quel homme! Quel Dauphin! Quel avenir radieux pour la France! Libé nous fournit un petit florilège laxatif des éructations élogieuses qui fleurissent un peu partout. Isabelle Balkany, fanal du génie français, regrette ce beau jeune homme qui aurait fait un sacré président! D’ailleurs,

il a administré la preuve de la force de ses convictions, de son talent et de sa maturité.

Vraiment, il aurait pu, il aurait dû être président. Pas question de lâcher un centimètre! Lefebvre dans le texte maintenant:

Je crois que les millions de Français qui l’ont écouté aujourd’hui ont compris ce soir pour quelle raison la majorité UMP-Nouveau centre du département était derrière lui et considère qu’il a parfaitement la légitimité, la maturité, il en a fait la preuve ce soir, pour être candidat.

Son adjoint au cirage mouille aussi la chemise et se crache dans les mains pour que le moindre bouton de manchette brille de tous ses éclats:

Je suis convaincu que les Français qui doutaient de sa valeur personnelle ont pu vérifier ce soir à travers ses propos son sens de l’intérêt général, sa stature et son talent.

Apparu, maintenant, approximations linguistiques comprises (pauvre homme, pauvre langue!):

C’est une décision courageuse qui fait preuve d’une grande maturité politique.

Et pour Hortefeux, parrain du petit et homme de goût, la prestation du jeune Césarion,

c’est un moment qui suscite le respect.

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circus019Luc Cédelle, journaliste au Monde et spécialiste de tout ce qui touche à l’éducation, n’apprécie pas que des malotrus aient l’insigne culot de ne pas accepter sans souffler mot les reportages un rien orientés que son employeur consacre au mouvement des universitaires.

Désireux de prouver la bonne foi et l’ouverture d’esprit qui caractérisent nécessairement tous ceux qui nous font bénéficier de leurs lumières par l’intermédiaire du Monde, Luc Cédelle a jugé bon de s’en prendre au billet, fort lu au demeurant, que j’avais consacré à l’article de Christian Bonrepaux, Benoît Floc’h et Catherine Rollot, article dans lequel ces trois grands reporters démontraient, avec une objectivité sans faille, que la mobilisation des Universités était nuisible à leur « image ».

Tout à sa quête de rigueur journalistique, M. Cédelle n’hésite pas à dégainer l’arme ultime: à ses yeux, le titre de ce billet, auquel il renvoie après maints anathèmes et circonlocutions destinés à faire naître l’indignation du lecteur bénévole, dénote des orientations fascisantes! Vous ne rêvez pas, bienvenue vingt ans en arrière: le titre de mon billet,  (Nicolas Sarkozy, la destruction de l’Université et le choléra mental du journal Le Monde) évoque à M. Cédelle un article de Louis Pauwels, et l’expression « sida mental » qu’il contenait. Louis Pauwels, homme de droite très à droite notoire, proche du GRECE… Excusez du peu.

Pas un mot sur le fond du billet, évidemment: quelques bons sous entendus (« Dans le champ des idées, les accidents arrivent plus vite qu’on ne croit »), un soupçon de théorie du complot (« Cette personne n’a pas l’air toute seule ») et d’appel à la délation (« quelqu’un que je n’ai pas encore (mais est-ce, après tout, nécessaire ?) identifié sous un nom »), voilà qui est bien suffisant. Et puis un titre… Un titre qui dit tout du fond fascistoïde de ceux qui osent  ne pas saluer bien bas tout ce que Le Monde déballe dans ses pages. Read more

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yap-yapHier soir, après de longues hésitations et des menaces maintes fois formulées par mail, forums, commentaires, j’ai pris la décision de  me venger des avanies intellectuelles, de la désinformation et de l’infâme brouet  doctrinal que nous sert quotidiennement le Monde, et que par un atavisme datant de l’adolescence, je continue habituellement à avaler, si révoltant soit-il.

Mais par une expérience mentale surprenante, on découvre qu’il y a parfois des limites qui s’imposent d’elles-mêmes, sans crier gare et sans qu’on puisse les repousser. Le dernier article consacré au mouvement universitaire était celui de trop.

Le mouvement de mobilisation universitaire a déjà lancé les représailles en élaborant une « charte de bonne conduite vis à vis du journal le Monde« , discuté et expliqué sur le site SLRU, et que je reproduis ici: Read more

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En route pour le Japon !

Quand Nicolas Sarkozy s’est lancé dans ce qu’il est convenu d’appeler la « réforme » des Universités, il a bien évidemment choisi de reprendre la méthode qui lui était déjà familière et qui avait fait ses preuves en termes de capacité de nuisance, de négation de la démocratie et de piétinement du pacte social.

Assisté d’une Dame Pécresse que sa totale méconnaissance du monde de la recherche et de l’enseignement supérieure qualifiait plus que tout autre pour cette tâche, Notre Président n’a donc pas montré la moindre hésitation.

Pour « réformer », il fallait tout d’abord n’engager aucune consultation et s’empresser d’oublier ceux qui font tourner la boutique. Car dans ce pays, on ne « réforme » par une institution, on « réforme » contre elle.

Ensuite, il fallait désinformer. Pour salir. Salir l’institution elle-même, salir ceux qui y travaillent, salir ceux qui y étudient et s’y forment. On parviendrait ainsi à mettre en place l’unique levier de gouvernement employé dans ce pays depuis le grand malheur de mai 2007: désigner une catégorie de la population à la vindicte du bon peuple, lancer quelques sondages aux questions convenablement orientées et utiliser les beuglements des micros-trottoirs pour justifier la suppression, au choix, des archaïsmes, des privilèges, du bouclier fiscal, des rigidités, des paresses, des incompétences, des inutilités, des gaspillages…

Les chercheurs et les enseignants-chercheurs ont ainsi fourni une cible de choix. Paresseux, incompétents, semi-idiots, gauchistes, ils ne refusent évidemment la « réforme » que par pur corporatisme, par pur intérêt de classe, c’est un vrai scandale, voyez vous ça mère Michu, tout ce rebut de gauchistes pervers, qui ont le front d’être plus diplômés que vous et moi, et qu’on paie à ne rien faire…

On pouvait faire confiance au Grand Café du Commerce français pour répercuter cette vision fine et mesurée. Cracher sur les profs tout en en se tapant sur les cuisses, entre deux renvois biereux, trois invectives contre  les sans-papiers et quatre déclarations définitives sur la crise et le PSG, voilà qui est plutôt en phase avec le niveau de subtilité philosophique et politique dans lequel plus d’une décennie de ramollissement chiraquien a fait tomber ce pays. Tendez le petit bout de la lorgnette à la France, elle se hâtera d’y regarder

La où la gêne devient réelle, c’est quand un journal qui se prétend « de référence » oublie que le journalisme consiste à aller enquêter pour éclairer ses lecteurs et en vient à considérer qu’informer équivaut à étudier le réel pour y découvrir, à la surprise de tous, la confirmation de la vision officielle et gouvernementale. Read more

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changengacepousesqk2Une erreur trop répandue tend à faire croire que l’obscénité n’apparaît que lorsque le sexuel entre en jeu. Ainsi, l’obscénité est-elle souvent associée à la grivoiserie, au rire gras du sous entendu crypto-pornographique, aux « cochonneries »:

Les trois hommes causaient cochonneries, parlaient chacun d’une petite collection d’obscénités, dont ils se régalaient chez eux.

GONCOURT, Journal, 1867, p. 389

C’est là une erreur fondamentale. Car on peut être obscène sans même sous entendre le moindre début d’une allusion sexuelle. Ainsi, les débalages sentimentalo-intimistes de Carla Bruni racontant sa vie de couple sont-ils parfaitement obscènes, sans pour autant contenir la moindre once de grossièreté ou de vicelarditude.

La France sarkozyste, en effet, est obscène d’une autre manière. Elle nous ramène à la définition la plus archaïque de l’obscénité.

L’obscène, avant d’être une évocation lubrique, est simplement ce qui vous force à imaginer ce que vous préféreriez ne pas avoir à imaginer. Rien n’interdit, ensuite, que cette obscénité soit redoublée par une autre, plus grivoise… Une sorte d’obscénité au carré, en somme.

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les-oies-du-sarkozysmeIl y a de cela quelques années, une jeune fille s’était plainte à la presse et à tous les médias possibles. Elle avait été agressée dans le RER par une bande de brutes qui lui avaient, entre autres joyeusetés, tracé au couteau une croix gammée sur le ventre. Jacques Chirac, notre président de l’époque, s’était indigné. La classe politique avait hurlé à la mort. La presse s’était soulevée. La population avait trépigné.

Mais ils avaient tous oublié une chose: la vérification des faits. Et comme de juste, tout était faux.

Alors… on avait glissé l’affaire sous le tapis, et comme les Français ont la mémoire courte, nul n’était mort du ridicule insondable dans lequel il s’était fourré.

Le 6 février dernier, la Voix du Nord dénonçait les propos indignes, outrageants, immondes, affreux, du méchant juge Didier Beauvais (le juge ne pouvant être que « petit », ou « méchant »). Car ce sinistre individu avait prétendumment déclaré lors d’une séance du conseil de discipline chargé de juger le cas Burgaud que:

Nous connaissions ces soirées habituelles, à Boulogne ou à Avesnes-sur-Helpe. Des soirées-bières où on invite les voisins, on boit beaucoup, on joue aux cartes ou au jeu de l’oie, et où le gagnant peut choisir une petite fille, avec l’accord des parents.

Les propos étaient rapportés par Éric Dussart, envoyé spécial du journal. Read more

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Les grandes dames savent rester élégantes en toutes circonstances.barbie-gastro

Après avoir révélé à la France admirative qu’elle soignait sa courante au champagne (les plans coms de la VFP – ou Vraie Femme de Président – ne nous épargnent décidément rien), Dadame Carla a décidé de faire un geste contre les excès alimentaires du réveillon en proposant à nouveau une solution alternative au traitement médical.

Le champagne remplaçait l’Ercefuryl: la tévé remplacera l’Oxyboldine. Et une crise de servilité viendra apaiser la crise de foie.

Ce soir, le 1er janvier 2009 donc, l’ORTF inaugurera sa nouvelle grille en diffusant un documentaire consacré à notre femme-enfant nationale. À 23h15, le bon peuple subira une pénible hagiographie intitulée, on pouvait s’en douter, Carla Bruni, quelqu’un m’a dit.

69 minutes de guimauve et de bons sentiments permettront à chacun de dégueuler sa dinde – ou ses sardines, selon l’épaisseur de son porte-monnaie – de façon rapide et commode à la fois. Read more

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