sept
28
Le frisson philosophique du Barnum: Nicolas Sarkozy existe-t-il?
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Pendant que la presse « hexagonale » (quelle jouissance d’utiliser l’une des quinze métaphores connues du monde journalistique!) aggrave ses aphtes à force de lécher le sol sous les pas de Notre Président, la presse internationale s’attache à mériter son salaire et mène tant bien que mal son boulot d’analyse. Perplexe, elle observe l’homme au kärcher, en se demandant quel phénomène de foire la population Française a bien pu choisir de mettre à sa tête.
Est-ce la distance, l’absence de soumission aux intérêts français ou, tout simplement, la jouissance de voir Nicolas Sarkozy offrir l’occasion de médire d’un pays qui agace ? Toujours est-il que cette presse nous apporte régulièrement un peu d’air frais en nous offrant des papiers, souvent très violents, qui nous permettent de prendre conscience du dépérissement qui, concentration et liens incestueux avec le pouvoir économique et politique aidant, affecte chaque jour davantage les médias du pays.
Au hasard d’un vol international et d’un Herald Tribune attrapé en passant pour tromper le jet-lag, un article, passé visiblement inaperçu des médias français, m’a plongé dans une perplexité proprement philosophique. Signé Steven Erlanger, intitulé » French leader works to develop cultured persona » et doté du sous -itre grinçant « The president’s wife tries to reduce the ‘bling’ and expose him to literature », l’article daté du 27 juillet 2009, et situé en page 3, analysait la manière dont Notre Président, une fois encore, tentait de transformer son image. Read more
juin
24
Comment manifester son antisarkozysme tout en étant débordé?
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C’est en effet la question qu’il convient de poser après un mois de mutisme sur ce blog (qui avait jusqu’à présent toujours respecté un rythme hebdomadaire de métronome), mutisme dont mes plus fidèles lecteurs se sont étonnées, puis inquiétés.
Pour la première fois depuis un an et demi, je suis véritablement débordé, à tel point que je n’ai plus le temps d’écrire une ligne, et que le peu de loisir qui me reste ne me permet pas plus de suivre l’actualité de manière sérieuse.
Cet aveu représente donc 1. un signe de vie (je ne suis pas détenu au secret dans un sous-sol de la place Beauvau) 2. de plates excuses à tous mes lecteurs (le silence risque de durer jusqu’à la fin des prétendues « vacances » d’été, ou de n’être brisé que par quelques billets sporadiques) 3. un appel à contribution : qui saura me suggérer un moyen de manifester mon antisarkozysme de façon concise et efficace dans une période où je n’ai pas une minute à moi?
À très bientôt à tous!
LGB
avr
9
De l’art d’aggraver son cas: mais taisez-vous donc, Alain Destrem!
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Quand on dérape, on cherche ensuite à s’en sortir. Comme on peut. C’est une entreprise périlleuse, dont le succès est directement corrélé à:
1. La taille de la bourde de départ
2. La qualité de la myéline dont Dame Nature a doté l’individu concerné
Hélas, trois fois hélas, ces deux critères jouent pleinement en la défaveur d’Alain Destrem qui éprouve visiblement des difficultés infinies à s’extraire du bourbier dans lequel il s’est joyeusement fourré.
Le pauvre homme s’est en effet fendu d’une nouvelle déclaration, histoire d’enfoncer le clou de justifier son dérapage:
« Devant la multiplication des réactions aux propos que j’ai tenus sur Madame Ségolène Royal lors du Conseil de Paris du 6 avril, je tiens à préciser que mon attitude n’a été que la manifestation de mon indignation face aux déclarations irresponsables de Madame Royal, demandant » pardon » aux Africains pour le discours prononcé par Nicolas Sarkozy à Dakar en 2007. Sans parler de la photo de Madame Royal, publiée le meme jour dans Le Parisien, la montrant coiffée d’un boubou… Tout ceci m’est apparu bien éloigné de l’image que l’on peut avoir d’une femme politique d’envergure, au demeurant ancienne candidate à la Présidence de la République. Face à une polémique qui semble naitre, je retire mes propos. »
Non, non, vous n’avez pas rêvé: le pauvre homme en rajoute. Relisons:
Sans parler de la photo de Madame Royal, publiée le meme jour dans Le Parisien, la montrant coiffée d’un boubou… Tout ceci m’est apparu bien éloigné de l’image que l’on peut avoir d’une femme politique d’envergure
Pensez-donc, une femme en boubou faire de la politique! Vous n’y pensez pas? Pourquoi pas une noire pendant qu’on y est? Ou une arabe? Ou une chinoise? Baaaah! Vous imaginez? Ce serait vraiment à se tordre de rire! Et puis une femme, hein, faire de la politique, quand même…
Ce qui est fascinant, c’est que le pauvre homme ne parvient pas à saisir l’obscénité de ses propos. L’assurance pesante de la droite satisfaite et décomplexée, comme me l’écrivait Monsieur R. hier soir…
Mais pourquoi cette femme de ménage pose-t-elle devant des drapeaux, hein? Il faudrait quand même dire à Ellen Johnson-Sirleaf, présidente du Libéria, qu’elle devrait enlever tous ces chiffons (bleus en plus, ridicule comme Ségo!!!), parce qu’elle n’est franchement pas crédible. Femme, noire et en boubou bleu, elle devrait consulter de vrais hommes politiques, comme Alain Destrem, dont les électeurs auront au moins entendu parler à cette occasion, peut-être la seule en 26 ans de mandat. Quelle tristesse! On imagine, à partir de cet échantillon, combien les saillies quotidiennes du pauvre homme doivent être truculentes, et ce qu’a perdu le génie français en les ignorant jusqu’à ce jour…
Malheureux habitants du 15e arrondissement parisien! Leurs impôts locaux servent à payer les émoluments de cette caricature d’homme politique flaubertien.
Franchement, sans même savoir ce qu’il touche, on subodore que cela fait cher du neurone.
mar
12
Comment oublier Nicolas Sarkozy quand on veut prendre des vacances?
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Parce qu’il est parfois nécessaire de prendre un peu de repos (malgré les injonctions enfiévrées de nos gouvernants), j’avais décidé, à la fin de la semaine dernière, de m’accorder quelques jours de vacances et d’aller planter le chapiteau du Barnum un peu à l’écart.
Las, cela supposait une condition essentielle: échapper à Nicolas Sarkozy, à Carla Bruni, à leur voyage au Mexique et aux inepties dont l’un et l’autre abreuvent le monde entier. La seule solution était donc de disparaître totalement: plus de radio, plus de journaux, plus d’internet, plus rien (sachant que ma tévé est déjà passée par la fenêtre il y a huit ans de cela).
Le choix était simple : soit la coupure totale, soit le bouillon sarkozyste. Vacances à l’âge de pierre, ou vacances gâchées…
Jusqu’à ce que, par le biais d’une promenade inespérée via le blog Bonne nouvelle, j’arrive chez l’Adjudant Tifrice. Lequel propose « à tous ceux que l’hypermédiatisation et l’hyperpersonnalisation de la présidence française indisposent pour une raison ou une autre [...] de déclarer Nicolas Sarkozy invisible. »
Et l’Adjudant tient ses promesses. En bricoleur de génie, il est parvenu à fabriquer une extension Firefox
dont la fonction est de supprimer au chargement de chaque page Internet tout paragraphe de texte faisant nominalement mention de M. Sarkozy ou de son épouse, ainsi qu’une bonne partie des photos où l’un d’eux apparaît. Pour l’installer, téléchargez-la, décompressez-la, puis ouvrez le fichier « karcher.xpi » résultant en passant par le menu « Fichier – Ouvrir un fichier » de Firefox. L’extension ajoute également dans le menu « outils » de votre navigateur un élément à cocher intitulé « Nettoyer les pages » qui vous permettra d’activer ou désactiver, au choix, le filtrage.
Effacer Nicolas Sarkozy et Dadame Carla. Prendre deux semaines d’inconsciente béatitude et de tranquillité assistée par ordinateur. Faire de Notre Président une vulgaire publicité filtrée au même titre que les bandeaux aguicheurs… La chose est désormais possible!
Muni de ce formidable outil, je m’accorde très sérieusement mes 15 jours de vacances virtuelles hors de la Sarkozye.
Retour dans 15 jours, donc. Et d’ici là, je vous souhaite beaucoup de courage. Ou d’installer Firefox…
jan
22
Depuis quelques mois, un membre éminent du gouvernement est porté disparu: François Fillon, enfermé dans un placard de l’Elysée. En janvier 2009, on peut affirmer que Notre Président a totalement phagocyté son malheureux Premier ministre. Le pouvoir exécutif est bel et bien devenu un monolithe, où la tentation monarchique n’est plus désormais qu’à peine réprimée. Nicolas Sarkozy a mis au pas son propre gouvernement.
Depuis la fin de l’année dernière, on a également compris que Nicolas Sarkozy entendait exercer sur les médias publics un contrôle moins distant qu’il ne siérait dans une démocratie saine d’esprit. N’était le Sénat, Nicolas Sarkozy mettait au pas l’un des principaux canaux d’information du pays.
Le 7 janvier dernier, Nicolas Sarkozy annonçait son intention de supprimer les juges d’instruction et de paralyser ainsi toute possibilité de lancer des enquêtes susceptibles de déplaire au pouvoir. Il exposait la chose dans un discours totalement autocentré, où l’on comprenait que le sujet n’était pas le rapport établi entre la Justice et les Français, mais celui que Notre Président voulait voir s’installer entre la Justice et sa propre personne. Nicolas Sarkozy s’apprête à mettre au pas l’institution judiciaire.
Depuis le mois de décembre, traînait l’idée selon laquelle on allait contrôler sans vergogne la durée des débats à l’Assemblée, et ratiboiser les discours interminables d’une opposition évidemment inutile. La chose est actuellement en débat au Parlement. Et pour faire bonne mesure, le « débat » en question se passe d’une manière proprement scandaleuse, ce dont augurait déjà l’algarade impliquant M. Lefebvre déjà évoquée ici.
jan
18
Démocratie chronométrée et démocratie méprisée: le franc-parler de M. Lefebvre
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Le projet de loi sur la limitation du temps de parole à l’Assemblée, dénoncé en ces lieux le 10 décembre dernier, est actuellement imposé au Parlement avec toute la violence de rigueur.
Juan a diffusé une intéressante vidéo où l’on assiste à une algarade opposant M. Lefebvre, le porte parole de Sarkozy, à quelques députés socialistes. Dans ce pur morceau d’anthologie, on y voit cet extraordinaire député non-élu affirmer, face à des socialistes lui reprochant de fuir l’hémicycle, que la loi ne se fait pas au parlement et qu’il a bien d’autres choses à faire que d’assister aux séances.
- Je vais vous dire une chose (notez la locution typiquement sarkozyste). Je ne vais certainement pas passer toutes mes journées en séance parce que je fais d’autres choses.
- Mais vous êtes député! Vous avez été élu pour faire la loi.
- Justement, la loi, elle ne se fait pas que dans l’hémicycle…
M. Lefebvre a bien raison: la loi se fait à l’Elysée. Au parlement, on se contente de la parapher.
jan
13
L’ego sarkozyste et la justice: la minute lexicale du barnum
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Notre Président a prononcé un bien beau discours, le 7 janvier dernier, sous les ors de la Cour de Cassation. Un bien beau monologue, que Le Grand Barnum vous propose de décortiquer sous vos yeux ébahis, en quelques coups de lexicométrie, histoire de rire un peu.
Ce bien beau discours, digne de passer à la postérité, contient 3666 mots, qui représentent 1066 formes lexicales différentes.
Sur ces 3666 mots, le pronom « je » apparaît 44 fois, le pronom « j’ » apparaît 15 fois, le pronom « me » apparaît 8 fois. 67 occurrences au total.
Et alors, me direz-vous? Eh bien, on peut rapporter tout cela au reste du discours. Et figurez-vous qu’il n’y a que trois mots qui soient davantage employés que l’expression du sujet dans ce texte.
Sans surprise, le mot de loin le plus employé est la préposition « de » : 187 occurrences. Puis viennent « la » (124), à (74), « le » (72). Autant d’occurrences non signifiantes donc, purement grammaticales. C’est le cas dans tous les textes.
Si on cherche le premier mot signifiant qui, dans ce beau discours, approche de « je » en nombre d’occurrences, on tombe sur « justice ». Ah, me direz-vous, Notre Président parle donc bien de la justice dans ce discours! Certes: 24 occurrences du terme. Comme pour nous faire comprendre que le sujet est moins la justice que l’ego de Nicolas Sarkozy face à la justice. On retrouvera ensuite des termes comme « juge d’instruction » (6 fois), « parquet » (2 fois) ou « police » (1 fois). Une misère. Read more
jan
6
Comment Nicolas Sarkozy s’apprête à piétiner l’institution judiciaire
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Nous en discutions ici même il y a quelques semaines: l’éminent maître Herzog, défenseur des faibles et des opprimés, et membre de la commission de réforme de la procédure pénale, avait en effet annoncé que le juge d’instruction pourrait perdre ses fonctions d’enquête, celles-ci se trouvant transférées au parquet qui, comme de bien entendu, conserverait sa dépendance hiérarchique vis à vis du Garde des Sceaux. Il s’agissait là de libérer les énergies et de permettre aux grands fauves de s’ébattre tranquillement, à l’abri de la bénédiction du gouvernement, tout en tapant dur, très dur, sur les petits délinquants que les Français veulent voir punis, si possible en direct sur Téléplouk.
Cette promesse d’indépendance judiciaire et d’absolue équité dans le traitement des justiciables vient d’être confirmée, le Monde nous annonçant que Nicolas Sarkozy, en Homme qui Peut Tout Se Permettre, allait se payer le luxe d’annoncer cette destruction en règle de l’institution judiciaire réforme lors de l’audience solennelle de la Cour de Cassation. Audience à laquelle, depuis toujours, le Président de la République assiste en se tenant coi. Tant qu’on y est, autant associer l’irrévérence au saccage, cela fera plaisir au bon peuple:
Nicolas Sarkozy envisage de supprimer le juge d’instruction pour confier l’ensemble des enquêtes judiciaires au parquet, sous le contrôle d’un magistrat du siège, appelé juge de l’instruction. Le chef de l’Etat devrait en faire l’annonce lors de la rentrée solennelle de la Cour de cassation, mercredi 7 janvier [...]. L’Elysée ne semble toutefois pas faire de l’indépendance du parquet un préalable à la suppression du juge d’instruction, à la différence de ce que préconisait le rapport de Mireille Delmas-Marty en 1990, ou, plus récemment, des réflexions de la commission Outreau.
Nous y sommes, donc. L’enquête indépendante a vécu, et avec elle la séparation des pouvoirs. Les politiques et les barons voleurs pourront désormais dormir tranquilles.
Mais l’on peut être sûrs que les applaudissements vont retentir. Pensez-vous: on supprime les méchants juges qui ont enfermé des innocents à Outreau…
Où l’on constate une fois encore que, comme n’importe quel autre populisme, le sarkozysme puise sa force dans la simplicité.








