barnum-and-bailey-horse-fair-giclee-print-c10112519Faute de gouverner ou de songer à l’intérêt général, Nicolas Sarkozy et ses sbires ont au moins  le souci de divertir la plèbe populacière sur laquelle ils règnent, en lui offrant avec une régularité hebdomadaire une farce qui se révélera, au choix, grinçante, franchement comique, sordide ou grotesque.

La pantalonnade de cette semaine nous est fournie par les efforts patauds que déploient les uns et les autres afin de couvrir la  nomination du fidèle François Pérol à un poste qui, au vu de ses fonctions passées, lui serait évidemment interdit dans une démocratie saine d’esprit. Mais le mélange des genres et des intérêts n’effraie pas les maîtres du jour.

Ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée, Pérol s’est donc fait canarder par Nicolas Sarkozy à la tête des groupes Caisse d’Epargne et Banque Populaire dans la fusion desquels il avait passablement trempé. L’intéressé se défend, dans les pages du JDD, d’avoir réclamé quoi que ce soit:

Dans un entretien accordé, dimanche 1er mars, au Journal du Dimanche, François Pérol, l’ex secrétaire général adjoint de l’Elysée, indique qu’il « n’était pas demandeur » du poste auquel il a été nommé, à la tête de la future banque issue de la fusion Banque populaire/Caisse d’Epargne.

Miracle de la Sarkozye: la coïncidence des intérêts, des réseaux et des connivences fait qu’on vous donne sans même vous contraindre à réclamer… Bref, la nomination est un don du ciel.

sarkoperol

Reste que la populace est très fâchée. Comme elle ne comprend rien à rien, la plèbe ne parvient pas à accepter, dans sa naïveté, qu’on puisse être à la fois au four et au moulin. Que l’on puisse gérer d’un côté, puis de l’autre de la barrière. Organiser puis profiter de l’organisation. Mais comment calmer ces manants? Read more

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On raconte que, depuis l’élection d’Obama, Carla Bruni ne va pas bien.

Qu’elle a l’impression que, sur la scène internationale, elle va se faire voler la vedette… par la célèbre Michelle. Pas de doute: entre une diplômée de Harvard devenue célèbre pour ses compétences juridiques et son engagement (réel, pas seulement sur les photos) dans le monde associatif et une milliardaire ayant fait la une des journaux en dévoilant son intimité, le choix est vite fait. Quoi que… Si l’on mesurait le développement mental d’une population à l’aune de ses admirations, la France serait mal partie.

Donc, Dadame Carla est inquiète pour sa popularité. Il faut dire qu’une fois de plus, la cellule de com sarkozyste a décidé de modifier l’image de la VFP (Vrai Femme de Président) en lui faisant délaisser la presse écrite et envahir les plateaux télé. Téléplouk et l’ORTF sont ainsi devenus les écrins délicats permettant à la VFP de donner, environ un jour sur deux, toute la mesure de son talent.

Il n’en a pas toujours été ainsi. Il fut un temps où la presse écrite couchée « sérieuse » faisait ses chous gras de la nouvelle reine. Et où même Libé, qui n’avait pas encore été violenté par la police et n’hésitait pas à faire la carpette devant l’Elysée, offrait à Dadame Carla de diriger l’un de ses numéros.

Si ladite presse sérieuse se pince aujourd’hui le nez devant les nouveaux déballages médiatico-obscènes du couple présidentiel, et laisse à la tévé le soin de continuer l’entreprise de décervelage, c’est qu’il est grand temps d’aller fouiller dans ses tiroirs et d’exploiter le célèbre Grenier du Barnum pour ressortir les petites lâchetés dont elle s’est rendue coupable dans la célébration de Dadame Carla.

La question étant : comment la presse avait-elle pu tomber aussi bas.

La réponse est assez simple: Carla B. avait cela de pratique qu’elle rentrait bien dans les cases. Read more

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L’une des grandes forces du sarkozysme, et l’une de ses chances, repose dans ce que l’on pourrait appeler, avec la pédanterie qui s’impose en période de rentrée universitaire, la labilité médiatique.

Organisée selon une structure de glissement perpétuel, la sphère médiatique permet aux soutiers du Barnum sarkozyste de se rouler dans le grotesque le plus absolu sans courir grand risque: un clou chasse l’autre, les données se dissolvent, les stupidités proférées se vaporisent dans l’accumulation incessante des dépêches. Une doxa générale s’établit (untel est nul, untel est fort), mais le maelstöm soigneusement entretenu rend difficile une critique précise et garantit ainsi une certaine forme d’impunité à la médiocrité de ceux qui nous gouvernent.

Mais grâce à son Grenier bien fourni, Le Grand Barnum entend contribuer à remettre au jour les déclarations honteuses des uns et des autres, et à bâtir une galerie de portraits non plus visuels, mais, si l’on peut dire, intellectuels.

Eric Woerth, phormidable soutier du barnum sarkozyste, s’offre comme un sujet de choix!

Car dans un univers sarkozyste et enchanté, où la crise mondiale —telle un nuage nucléaire bien connu— contourne une France que sa gestion impeccable met à l’abri de tout soubresaut, il vaut la peine de s’interroger sur les capacités intellectuelles véritables des soutiers qui prétendent diriger le bateau ivre de l’économie nationale…

Précisons d’emblée que toutes les citations présentes dans cet article sont malheureusement authentiques.

J’ai en effet profité des vacances pour réécouter un certain nombre de podcasts stockés pour la bonne bouche au cours de l’année. Le 24 juin dernier, Eric Woerth, ministre du budget, était interviewé pendant une heure et demi à la matinale de France Culture. Il y donnait toute la mesure de son talent et de sa personnalité vraiment très attachante.

Eric Woerth, bourgeois athlétique, uvéisé et fier de la place qu’il occupe dans le monde, est un homme qui exprime des idées moyennes à l’aide d’un vocabulaire plutôt pauvre, d’une gouaille de café du commerce et d’une syntaxe proche de celle d’un étudiant Erasmus chinois en première année de français-langue étrangère (FLE, pour les ignorants).

Fier d’appartenir au parti d’un président qui a les deux pieds dans le réel et, par conséquent, ne « s’enferme pas dans sa tour de Pise » (qui est en ivoire, comme chacun sait), M. Woerth a parfois un peu de mal à saisir le sens des questions retorses qui lui sont posées par Olivier Duhamel. Mais il sait mettre de l’ironie dans son discours et, en orateur hors pair, donner à sa voix un ton rieur lorsqu’il reconnaît, triomphant, “je suis un peu difficile de comprendre les choses”.

Passons sur les silences gênés de ses interlocuteurs, auxquels il faut reconnaître une élégance véritable (que je ne revendique pas pour ma part), celle qui consiste à ne pas appuyer là où ça fait (trop) mal. Et venons en au coeur de l’interview : la question du pouvoir d’achat, et celle du budget. Read more

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Psychologies magazine est une mine. Je n’avouerai pas comment j’ai pu me retrouver sur leur site. Mais le faitLe Couple Gargantua est là : ce merveilleux journal (auprès duquel les pages psy de Notre Temps sur « Vaincre l’incontinence dans sa tête » ou de Biba sur « Il me trompe et j’aime ça » paraissent avoir été écrites par Papa Freud en personne) publie une interview de Carla Bruni-Sarkozy datant… de 2002. La date, évidemment, n’est pas sur la couverture.

Et ce qu’il y a de truculent, c’est que Dame Carla, une fois encore, nous raconte ce qu’elle n’aurait pas dû nous raconter. Non plus que la France est un pays de ploucs qu’elle déteste, non. Mais qu’il y a un type d’homme qu’elle ne supporte pas, mais alors pas du tout!

Question de la journaliste :

Aujourd’hui, votre compagnon est un jeune philosophe. Vous fréquentez plus les intellectuels que les footballeurs…

Réponse de Dame Carla :

Ce qui est insupportable, ce sont les personnalités égocentriques que l’on rencontre partout dans le show-biz. Ce sont ces personnes-là que je ne pourrais pas fréquenter. Les ego démesurés me plongent dans l’ennui.

Puis, LA question qui tue :

Essayez de vous projeter dans dix ans. Quelle vie rêveriez-vous d’avoir ?

Et non, en 2002, Dame Carla ne rêvait pas encore d’être Première Dadame de France. C’est mieux que cela :

Dans dix ans ? Je rêverais d’être psychanalyste.

Il ne faut jamais parler à la presse…

Si le coeur vous en dit, l’intégrale de l’article est on-line.

Bon courage à tous.

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Plutôt que de se ruer sur les frasques anglaises de Notre Président pour dénoncer le jeu des talonnettes et des crispations (ce que Libération a déjà très bien fait), Le Grand Barnum s’est décidé à adopter une posture plus archéologique, et à aller fouiller dans son grenier pour réaliser la promesse qu’il avait un jour laissé échapper: tisser les liens entre le dégoulinement médiatique actuel et les prémisses de ces débordements. C’est là l’occasion de créer une nouvelle catégorie (le pimpant « Grenier du Barnum »), dans laquelle nous n’hésiterons pas à aller creuser au fond du magma des déclarations passées de Notre Président pour en exhumer les pépites indispensables à notre analyse. On y trouvera le moyen de s’interroger très sérieusement sur les fondements idéologiques et comportementaux du nouvel exercice du pouvoir… Read more

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