Le monologue de Nicolas Sarkozy, ou la faillite de l’état de droit
Mercredi, 7 janvier 2009
Il aura fallu des semaines pour que la presse se saisisse de ce scandale annoncé. Au moins aura-t-elle réagi, ce qui n’est pas toujours le cas.
Bref, l’annonce a eu lieu, en pleine Cour de Cassation. Toutes les enquêtes seront désormais menées par le parquet, sans que celui-ci gagne son indépendance. Le pouvoir exécutif aura donc tout pouvoir pour décider qui doit ou ne doit pas être poursuivi. Cela se passe en 2009, deux siècles et demi après Montesquieu et Beccaria. Dans quinze jours, on nous remettra la question dans la procédure pénale…
Mais Nicolas Sarkozy ne se laisse retenir par aucune pudeur. Il a donc pu se payer le luxe de parler de dialogue alors qu’il se contente de claironner ses volontés mal éclairées comme si le parlement n’existait pas et comme si ceux à qui il les imposait n’avaient rien à dire:
j’entends que mon propos soit, au-delà des termes convenus, un moment de vrai dialogue entre deux des trois pouvoirs nécessaires à l’équilibre de notre démocratie : le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire.
Comment ce dialogue est-il conçu ? Mais à la sauce sarkozyste, pardi: comme un monologue. L’exécutif décide, les autres… exécutent. À l’image d’une procédure pénale bien conçue : je te dis qui poursuivre et qui laisser tranquille, et… tu exécutes. C’est là ce que l’on appelle « l’équilibre de la démocratie ».
Cher justiciable, tu a tout intérêt à te magner le train et à courir t’encarter dans le parti que l’on sait…
Quelques articles à lire pour s’échauffer la bile:
- Quelques protestations des syndicats de magistrats, de Vallini et de ce qui reste d’opposants politiques dans Le Monde
et L’Obs - Une analyse de fond par David de Pas dans Libé
- Une autre chez Maître Eolas
- Encore une autre par Le Chafouin
- Et une autre sur ça réagit
- Un article sur le tollé que déclenche cette absurdité dans Le Monde, Libé et L’Obs
- Une interview audio du juge antiterroriste G. Thiel
- Un article de Voie militante
- Une interview d’Elisabeth Guigou dans La Croix
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- Nicolas Sarkozy, ou la démocratie chronométrée
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No. 1 — janvier 8th, 2009 at 23:06
Merci pour la revue de presse.
La perversion du langage, c’est une spécificité du sarkozysme.
No. 2 — janvier 13th, 2009 at 9:27
[...] Le monologue de Nicolas Sarkozy, ou la faillite de l’état de droit [...]