Le monologue de Nicolas Sarkozy, ou la faillite de l’état de droit

silbonsIl aura fallu des semaines pour que la presse se saisisse de ce scandale annoncé. Au moins aura-t-elle réagi, ce qui n’est pas toujours le cas.

Bref, l’annonce a eu lieu, en pleine Cour de Cassation. Toutes les enquêtes seront désormais menées par le parquet, sans que celui-ci gagne son indépendance. Le pouvoir exécutif aura donc tout pouvoir pour décider qui doit ou ne doit pas être poursuivi. Cela se passe en 2009, deux siècles et demi après Montesquieu et Beccaria. Dans quinze jours, on nous remettra la question dans la procédure pénale…

Mais Nicolas Sarkozy ne se laisse retenir par aucune pudeur. Il a donc pu se payer le luxe de parler de dialogue alors qu’il se contente de claironner ses volontés mal éclairées comme si le parlement n’existait pas et comme si ceux à qui il les imposait n’avaient rien à dire:

j’entends que mon propos soit, au-delà des termes convenus, un moment de vrai dialogue entre deux des trois pouvoirs nécessaires à l’équilibre de notre démocratie : le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire.

Comment ce dialogue est-il conçu ? Mais à la sauce sarkozyste, pardi: comme un monologue. L’exécutif décide, les autres… exécutent. À l’image d’une procédure pénale bien conçue : je te dis qui poursuivre et qui laisser tranquille, et… tu exécutes. C’est là ce que l’on appelle « l’équilibre de la démocratie ».

Cher justiciable, tu a tout intérêt à te magner le train et à courir t’encarter dans le parti que l’on sait…

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2 Responses to “Le monologue de Nicolas Sarkozy, ou la faillite de l’état de droit”

  1. Le Juge Ti writes:

    Merci pour la revue de presse.
    La perversion du langage, c’est une spécificité du sarkozysme.

  2. L’ego sarkozyste et la justice: la minute lexicale du barnum | Le Grand Barnum writes:

    [...] Le monologue de Nicolas Sarkozy, ou la faillite de l’état de droit [...]