Sarkozy en campagne, ou le retour aux fondamentaux

La récente cure de sevrage médiatique de notre Président avait fini par nous le faire oublier : la France est un pays minable, archaïque, haïssable ; un pays peuplé de fraudeurs, de tire-au-flanc, de voleurs et de crevards qu’il est urgent de remettre au pas.

Heureusement pour notre santé mentale et l’estime que nous nous portons à nous-mêmes, la campagne présidentielle qui démarre est là pour nous rafraîchir la mémoire et nous rappeler combien la vie en France est une lutte contre les ennemis de l’intérieur, les pillards et les profiteurs de tout poil. Détrompez-vous, il ne s’agit pas des  bons (comprenez « riches ») citoyens qui se débrouillent pour frauder le fisc, mais des vrais nuisibles, des vampires, des bandits de grand chemin qui, en hordes innombrables, escroquent la collectivité en tombant malades par désir de ne rien foutre ou, plus pervers encore, s’acharnent à perdre volontairement leur emploi pour des raisons à peu près similaires.

Tout est prêt pour les opérations et les UMPistes se tiennent bien en rang pour défiler dans le poste en récitant leur leçon. Xavier Bertrand agite ses bajoues en essayant d’avoir l’air convaincu, les autres ânonent leurs éléments de langage et leurs fiches apprises avec peine : « La France est malade de ses arrêts maladie » (montrez-moi la facture du communicant qu’on a payé pour trouver ce slogan), « Il faut rendre à la collectivité ce qu’elle vous donne », etc.

Ainsi, les malades – salauds ! paresseux ! fumiers ! – perdront un jour de salaire de plus, bien fait pour eux. Et la répression des tire-au-flanc sera intensifiée. Un esprit pointilleux pourrait juger malheureuse cette double annonce – mesure générale de prédation sociale pudiquement dite « d’austérité » d’une part, attaque contre les fraudeurs d’autre part – en soulignant qu’elle met un tantinet tout le monde dans le même panier et instille le soupçon, mais non, voyons voyons, il n’y a aucun problème, c’est exactement ce que l’on cherche à faire, et les Français applaudissent. (Lire la suite…)

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La France sarkozyste, pays angoissé, ou pourquoi les Français l’aiment moins et la quittent plus

S’éloigner de notre belle France pour aller parcourir des pays étrangers (où les gens parlent l’étranger, se foutent de la grossesse de Dadame Bruni et trouvent normal – les cons – qu’on soit plus imposé quand on est riche que quand on ne l’est pas) n’est pas dépourvu de risques.

D’abord, comme on nous l’assène depuis des années, il faut être prudent et penser toujours très très fort à notre Identité Nationale en serrant bien les fesses pour ne pas la perdre par mégarde dans un caniveau à force d’entendre parler le pas-français, de manger autre chose que les plats homologués – désormais patrimoine de l’humanité, grâce à notre Président –, voire de s’intéresser aux coutumes sauvages de tous les expulsés potentiels qui vous entourent dès que vous passez les frontières, qu’ils soient ou non entrés dans l’histoire. Donc, voyager, c’est très dangereux pendant toute la durée du voyage.

Mais voyager, on le découvre à ses dépens, s’avère tout aussi dangereux au retour du voyage. Parce qu’à force d’évoluer jour après jour dans la logorrhée sarkozyste, on finit par développer des anticorps et par s’immuniser un peu, exactement comme pour la gastro hivernale si typiquement française. Mais si par malheur vous prenez le large et vous désarkozyfiez imprudemment, le choc en retour est alors absolument insoutenable: les petits vaccins auto-administrés et l’immunité gagnée à force d’habitude perdent toutes leurs vertus, la propagande sarkozyste vous arrive pure et sans mélange, et produit un effet qui n’est comparable qu’à un jogging dans un tunnel du périphérique entre 18h et 19h après un mois passé dans les Alpes. Écoeurant, malodorant, asphyxiant.

Mais de cela, il a déjà été question ici : c’était il y a, mon Dieu, trois ans déjà, comme le temps passe vite sans que pourtant rien ne change dans notre phormidable contrée. Rien ? Si, hélas. Car si, depuis ce triste jour de mai 2007, on se sent à chaque voyage un petit peu plus nord-coréen à chaque retour,  la cuvée 2011 du dépaysement estival réservait une petite surprise supplémentaire et pas particulièrement agréable. (Lire la suite…)

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De l’indifférence au scandale: white noise, ou comment fonctionne le discours médiatique français

Voilà dix jours qu’il geint. Sur les ondes, dans le poste, sur papier. Il geint. On « jette ses combats aux oubliettes », on le sacrifie pour « deux mots », c’est un coup des sarkozystes… Bref, Jean-François Kahn n’en revient pas d’avoir été lâché par la sphère médiatique.

Ce n’était pas faute d’avoir craché sur les féministes et vilipendé les puritains-qui-ne-comprennent-pas-notre-culture-de-la-gauloiserie, rien n’y fit. À 72 ans, Jean-François Kahn était bien obligé d’accepter ce fait brutal: BHL peut encore raconter n’importe quoi sans grand risque, lui non.

Pas assez riche. Pas assez puissant. Que voulez-vous, dans la France sarkozyste, le droit de dire impunément des conneries est intimement lié à la place qu’on occupe dans la hiérarchie. Pour pouvoir continuer dans la lignée de la brillante tirade du 16 mai, il aurait fallu occuper un échelon situé quelques crans plus haut. Cruelle désillusion.

Mais à voir ce vieil oligarque incapable de tirer sa révérence un peu discrètement, posant à la victime avec une complaisance irritante, annonçant tous les jours qu’il s’en va pour recommencer le lendemain, on est pris d’un doute: quel aveuglement, quelle surdité nous avait donc empêchés de nous rendre compte du décalage qui s’était creusé entre les modes de pensée de notre oligarque marivaldien et l’état – finalement pas si lamentable – de notre éthique commune?

Tout fonctionne comme si nos oligarques médiatiques pouvaient débiter pendant des années leurs salades jusqu’à ce qu’un jour, le mot de trop soit prononcé: et là, fin de partie.

Dans ce cas, JFK aurait raison: on l’attaquerait simplement sur un dérapage, un moment d’absence qu’il serait donc injuste de lui reprocher. L’argument est connu: la sphère politique en use et abuse depuis la nuit des temps… Il suppose, en quelque sorte, une rupture complète entre expression et pensée, entre fond et forme, entre caractère et parole, autant d’hypothèses intéressantes assez difficiles à accepter quand on y réfléchit un instant.

Plus encore, l’argument est entièrement centré sur l’oligarque qui prononce ses paroles: dans ce modèle, personne ne se pose la question du public: écoute-t-il? et si oui, comment écoute-t-il? et que fait-il de ce qu’il écoute?

Car la théorie du dérapage suppose que la parole malheureuse aurait surgi dans un discours dont tout le monde savait qu’il était, avant cela, irréprochable. « Vous le savez bien, voilà 20/30/40/50/60 ans que vous m’entendez (rayez la mention inutile selon l’état de maturité de l’oligarque). » Mais pauvres satrapes médiatiques, cela supposerait qu’avant, on ait pris la peine de vous écouter! Or, le scandale JFK tend à prouver exactement l’inverse.

Le discours des oligarques médiatiques français, si on le réduit à sa plus simple expression sur le mode structuraliste, peut se schématiser comme suit:

1. année après année, un homme, blanc, riche, de plus de 70 ans, über-connecté, parfois dépourvu de tout diplôme sérieux, pisse l’article, l’éditorial et le livre de commande: Jean Daniel, feu Jean-François Revel, Alain Minc, Jacques Attali… (je vous renvoie à L. Pinto, Le café du commerce des penseurs)

2. la sphère médiatique bruisse de leurs saillies intellectuelles, se pâme d’aise en faisant les comptes-rendus de leurs livres – qui représentent invariablement, au choix, l’Everest de l’intellect ou le Mouton-Rotschild du neurone –, jouit à plein tube sur les plateaux en invitant les intéressés. Quand à nous, malheureux pékins, on nous force à entendre, lire ou voir, jour après jour, les mêmes individus par une technique éprouvée de réduction des choix et des possibles (cf. les analyses que Chomsky consacre au fonctionnement médiatique).

3. tout le monde s’en fout. Mais absolument tout le monde. Les paroles et les écrits de ces individus sont matraqués, répétés, imposés sans pour autant imprimer de marque sur les esprits. Résistance passive. Surdité contrôlée. Quand on me force à manger, je dégueule. Quand on me force à entendre, je passe en ondes alpha.. Franchement, qui s’amuse à lire le bloc-note de BHL? Qui lit vraiment les éditos de Jean Daniel? les vaticinations imbéciles de Minc? Alors qu’on diffuse amplement les tirages pharaoniques des bouquins oligarchiques (200 000 exemplaires comme un rien), avez vous déjà vu la presse mentionner les chiffres de leurs… ventes?

4. un jour, un mot malheureux fait hurler. Selon une subtile équation entre l’échelon du bonhomme et le degré d’infamie du propos, il est mis en veilleuse par le système pour une durée plus ou moins longue.

Le rapport à la prose oligarchique est donc binaire. (Lire la suite…)

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De l’affaire DSK comme « troussage de domestique » : Jean-François Kahn et l’inconscient machiste français

Un vent de panique s’est soudain emparé de la caste des oligarques français : il serait désormais interdit, à ce qu’on raconte, de sauter librement ces êtres naturellement inférieurs que sont les femmes, et tout spécialement ces doubles inférieures – sociales et sexuelles – que sont les femmes de chambre, les caméristes, les blanchisseuses, les repasseuses et autres femmes de ménage !

Stupeur. Indignation. Tremblements dans les caleçons. Comment cela ? Alors qu’en Sarkozie, on conserve sans difficulté son statut d’oligarque honoré (sinon honorable), sa place dans le système et les privilèges qui en découlent même après une condamnation pour des choses un peu sérieuses (les condamnés sont en bonne place dans pas mal d’élections), voilà qu’on serait déshonoré rien qu’en étant soupçonné d’avoir voulu expliquer un peu virilement à une petite gourde qu’un  grand homme – chance inouie – était  prêt à lui donner du plaisir… Plus de respect pour rien.

Sans attendre d’en savoir plus sur « l’affaire », la grande machine médiatique de protection des gros mâles blancs s’est donc mise en route. À ce stade, ce qu’a fait ou pas DSK n’entre en ligne de compte que d’une seule manière : en révélant l’inconscient machiste totalement débridé d’une bonne partie des poussahs qui se sont crus autorisés à commenter l’événement du ton docte et assuré qui les caractérise.

Si l’on savait que la France sarkozyste commençait à tenir de la porcherie mentale, il restait à découvrir qu’elle abritait un bon nombre de verrats en rut. L’actualité internationalo-pelvienne arrive donc à point nommé, en nous ouvrant des horizons insoupçonnés sur l’état mental du pays…

Prenons un exemple simple : la matinale du lundi 16 mai (ce matin donc) sur France Culture. Les inoxydables éditorialistes mâles et radoteurs de sciences-po sont bien sûr présents. Et ils reçoivent le formidable Jean-François Kahn, l’inénarrable fondateur du journal crypto-poujado (quoiqu’honorablement anti-sarkozyste, personne n’est entièrement mauvais) Marianne. Entre deux tirades auto-promotionnelles destinées à faire vendre son ex-torchon – et, accessoirement, le dernier « essai » philosophico-oligarchique qu’il vient de commettre – M. Kahn profite de la tribune qui lui est offerte pour exprimer un point de vue fortement burné sur le passionnant événement.

Aux yeux des éditorialistes, ce point de vue est tout ce qu’il y a de plus fin, c’est délicat et plein d’esprit : leurs petits rires gourmands, et surtout un rien salaces, suffisent à en témoigner. Ils ne trouvent rien à y redire. Mais pour l’auditeur un rien sensible à des valeurs aussi simples que le respect de l’autre ou la lutte contre la brutalité et la domination sociale et sexuelle, c’est tout simplement à vomir. Citons:

J.-F. Kahn : Je suis certain, enfin pratiquement certain, qu’il n’y a pas eu une tentative violente de viol, je ne crois pas, ça, je connais  le personnage, je ne le pense pas. Qu’il y ait eu une imprudence on peut pas le… (rire gourmand), j’sais pas comment dire, un troussage,

A.-G. Slama : il appelait ça une erreur de jugement (gloussements).

J.-F. Kahn : que y ait un troussage, euh, de domestique, enfin, j’veux dire, c’qui est pas bien, mais, voilà, c’est une impression.

Et, pour ceux qui ont l’estomac bien accroché, écoutons :

Les truculentes déclarations de J.-F. Kahn (mp3)

Ainsi, pour Jean-François Kahn, il existe plusieurs sortes de viols. Les « viols violents », tout d’abord. On en déduit par nécessité qu’il existe des viols moins violents, des viols doux et aimables, frais et légers comme un mot désuet évoquant des pastorales où bergers et bergères copulent en adultes consentants ou presque (le berger, au moins, est d’accord) pendant que broutent les moutons et que pépient les moineaux : les fameux troussages.

Un troussage donc, dans un monde qui, en langage juridique, connaît quelque chose d’un peu plus binaire, l’agression sexuelle d’une part et le viol de l’autre. Bref, un troussage: le bel euphémisme que voilà. Un peu comme « grand séducteur » pour « obsédé sexuel qui n’arrive plus à mettre la main sur ses cachets de bromure »…

Depuis le XIIIe siècle – en dehors de la langue technique qui veut que l’on trousse un volaille ou que l’on fasse le troussage d’une mine de charbon – le troussage, eh bien, c’est toujours un peu violent. Trousser pour détrousser, comme un bandit de grand chemin. Et trousser pour relever les jupes des femmes.

Et pourquoi donc relève-t-on les jupes des femmes, hein? Pourquoi les « trousse »-t-on si joliment? Pour leur faire de l’air? Pour vérifier qu’elles ont en place leur ceinture de chasteté?

Bref, si le troussage n’est, d’après M. J.-F. Kahn, pas un viol, on peut raisonnablement penser qu’il en est, à tout le moins, la condition nécessaire. Mais pourquoi Jean-François Kahn trouve-t-il donc le troussage si véniel, et si amusant? Pourquoi garde-t-il ce mot en bouche avec la délectation si écœurante que l’on entend à l’enregistrement?

 

 

Cette jeune soubrette, folle de désir pour les mâles blancs qui passent dans son hôtel, attend avec impatience le troussage pour lequel elle est génétiquement et socialement programmée

Mais, mon pauvre ami, parce qu’en bon français, de toute éternité et dans toutes les comédies qui se respectent, de Molière jusqu’à Marivaux, ce sont les soubrettes qu’on trousse

 

Ah, les soubrettes! Leurs jupons, leur petit tablier, leur petit plumeau et… leur soumission légendaire. C’est tout un petit imaginaire fleurant bon le claque de grand-papa qu’on voit suinter là, un imaginaire où le droit n’est pas le même pour tout le monde, où les baronnes sont violées, mais les domestiques simplement troussées. Petites cochonnes, va!

L’une des spécificités des sociétés archaïques est qu’elles exigent des vertus différentes des individus qui la composent selon leur sexe. Au choix, le courage pour les hommes, la pudeur pour les femmes…

Une autre est qu’elle leur donne aussi des droits différents, selon leur sexe, encore une fois, mais aussi selon leur statut social. À Rome, par exemple, si profiter d’une esclave n’était pas un viol, mater sous sa douche la rombière du consul en était presque un.

Mais Jean-François Kahn n’est pas romain. Il est simplement un oligarque français, un indéboulonnable du système médiatique, sûr de sa place, de son droit à tout dire et de la finesse supérieure de chaque lieu commun qu’il lâche. Et confortablement machiste, sans même s’en douter.

Plus de consul, donc, et pas plus d’esclave: juste des hommes et des femmes, des puissants sûrs de leurs droits gloussant à de petites évocations salaces et des dominées qu’on trousse. Bref, pas de quoi en faire un drame. Ce serait quand même terrible que les choses changent!

Toutes mes excuses aux derniers lecteurs qui ont tenté de laisser un commentaire et qui n’ont rien vu apparaître: un petit problème dans la base de données empêchait qu’ils soient enregistrés. Le problème paraît réglé à présent…

 

 

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L’horoscope du Barnum: 2010, année du chacal fétide

Le passage à une nouvelle année est très à la mode en ce moment. Une partie du monde vient ainsi de connaître sa déferlante de cotillons il y a à peine quelques heures.  L’orient, et ses milliards d’expulsables potentiels va sous peu essuyer la sienne.

Les deux grands pays frères de la France sarkozyste, la Corée du Nord – et son Infaillible dirigeant Kim Jong-il, soleil du 21e siècle – et la Chine éternelle – brillamment dirigée par sa clique d’affairistes cacochymes – vont bientôt entrer dans leur nouvelle année: après l’année du Bœuf de terre viendra bientôt l’année du Tigre de Métal. La célébration du nouvel an (农历新年 comme on dit dans les ateliers clandestins et les centres de rétention) est donc pour bientôt, avec son cortège de pétarades et de dragons qui, horreur!, vont prochainement faire injure à l’identité nationale française en plein 13e arrondissement parisien puisque, convenons-en, ils n’ont rien à voir avec nos  charmantes traditions faites de santons, de sapins et étrennes données en rechignant à ces rapaces de concierges, de facteurs et de pompiers. Bref, le Tigre de métal pointe ses moustaches et n’annonce sans doute pas un adoucissement politique. Les opposants n’ont qu’à bien se renir: ça va très certainement barder pour leur matricule.

Tout à sa volonté de fourguer la camelote française aux dictateurs chinois afin qu’ils puissent la confier à leurs usines de contrefaçon et à leurs armées d’esclaves, tout à son admiration du modèle dynastique coréen et de l’idéologie du juché, Nicolas Sarkozy, tel Jules César avant lui, a décidé de changer le calendrier en vigueur dans notre beau pays pour adopter celui de nos frères politiques.

Hélas, comme tous les projets sarkozystes lancés ces derniers temps, il faut toujours que ça coince quelque part. Soit le conseil constitutionnel et sa clique trostkyste viennent foutre le bren dans la Grande Pensée du Règne, soit l’économie refuse de se plier aux désirs du chef, soit les brillants débats lancés par le ministre de la pureté souchienne, Eric Besson (qui a pris la suite du Stinky Sahib), tournent à la défécation neuronale généralisée. Bref, pas moyen de jouir tranquille, au gré de ses caprices, du pouvoir qui lui a été offert sur un plateau par le troisième âge secondé par les électeurs du FN patiemment dragués à coups de petites phrases malodorantes.

Et voilà que le calendrier et les astres s’en mêlent! Différence de longitude et de latitude aidant, le ciel de l’horoscope chinois se retrouve chamboulé au dessus de la France: les spécialistes sont formels, l’année 2010 ne sera pas celle du Tigre de métal pour la sarkozye, mais bien celle du Chacal fétide, comme me le signalait, ce matin même,notre ami Gonzo.

Cette modification des astres s’est d’ailleurs immédiatement manifestée. Pas besoin de chercher bien longtemps les marques de cette déstabilisation cosmique: les vœux présidentiels sont une preuve suffisante.

Notre Président l’a bien laissé entendre: l’année du chacal fétide sera celle de tous les bouleversements, de toutes les contradictions, de toutes les démagogies. Deux beaux exemples susceptibles de vous libérer l’appareil digestif après vos agapes :

Le sarkozyssme version 2010 sera celui de la fraternité:

Je souhaite que 2010 soit l’année où nous redonnerons un sens au beau mot de fraternité qui est inscrit dans notre devise.

Je souhaite que 2010 soit l'année où nous redonnerons un sens au beau mot de fraternité qui est inscrit dans notre devise républicaine

Assez!, criez vous, pitié pour nos sphincters! Mais non, il faut encore en rajouter, car le sarkozysme version 2010 refusera les divisions et la sale propension à monter les français les uns contre les autres:

Respectons-nous les uns les autres, faisons l’effort de nous comprendre, évitons les mots et les attitudes qui blessent. Soyons capables de débattre sans nous déchirer, sans nous insulter, sans nous désunir.

Respectons-nous les uns les autres, faisons l'effort de nous comprendre, évitons les mots et les attitudes qui blessent

Les cris redoublent! Et pourtant, on est loin d’avoir fini. Car le sarkozysme 2010 portera enfin ses fruits: la France d’après, celle que tu attendais en trépignant, électeur sarkozyste, est pour demain:

2010 sera une année de renouveau

Oui, demain verra l’avènement du sarkozysme vrai. Demain, on rasera gratis, on flanquera les fonctionnaires à la porte, on fera taire les intellos contestataires, on abolira les impôts,  on sera encore plus fiers d’être français, on expulsera du métèque à tour de bras et, surtout, on réformera…: destruction des retraites, dislocation des collectivités locales, asservissement final de la justice, tout est annoncé, programmé, chargé…

Préparez-vous: l’année du chacal fétide vient de débuter.

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Eric Raoult et le nationalisme soviétique, ou comment l’identité nationale et le délire commémoratif redonnent des couleurs à la vieille droite française

RaoultAuCirqueDans les rangs sarkozystes, on l’oublie parfois, se trouvent de vieux routiers de la bonne vieille droite d’antan. Pas seulement des réactionnaires sens du vent à la Besson. Pas seulement des renards communiant dans la bonne vieille doxa réactionnaire française tout en lui donnant un coup de jeune en la transformant en idéologie 2.0 postmoderne. Pas seulement des gens qui transforment en identité la classique idéologie souchienne, ou en dynamisation économique les cadeaux faits aux puissants…

Non, non: on trouve aussi du vieux, du solide, du pas voilé, du brutal.

En ces temps pathologiques de commémoration « du monde bipolaire » ou de la boucherie la plus stupide que l’histoire ait jamais connue, c’est à Eric Raoult, ancien chiraquien passé au sarkozysme, que revient l’honneur de nous offrir un petit retour dans les années 80 et à l’ère soviético-fascisto-idéologico-putride qui a tendrement bercé notre enfance. (Lire la suite…)

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L’identité nationale, prurit d’un pays malade

etes_vous-plus-francais-que-lui-1943On nous l’avait annoncé dès la campagne: une fois Sarkozy élu il s’agirait de changer d’attitude et d’aimer la Patrie! Marseillaise à la bouche, t-shirt de foot sur le dos et litron au poing, on serait fier d’être français!

Tout le monde est donc très très fier. Mais comme nous le remarquions il y a peu, la fierté devient rapidement un peu imbécile quand elle porte non sur un acte, une production, une réussite, mais sur un état de fait. Fier d’être quelque chose, voilà qui revient peu ou prou à être… content de soi, à roter d’aise en jouissant de sa propre satisfaction en bon bourgeois flaubertien.

Bref, qu’à cela ne tienne, la France est fière, et les Français avec elle. Fière d’être elle-même, fiers d’être ce qu’ils sont. Mais comme cette France sarkozyste se pique de philosophie, et que Notre Président se trimballe actuellement avec des livres sous le bras pour faire croire qu’il connait ses classiques, il ne s’agit plus d’être bêtement fiers, mais de l’être de manière réflexive. Fiers, d’accord, mais maintenant, il va falloir comprendre de quoi!

Eric Besson, ancien pourfendeur des dérives identitaires du sarkozysme, s’est donc mis à l’œuvre depuis son ministère des expulsions et du rejet de l’autre. Et a accouché du projet dont notre fier pays, néanmoins en perte de repères, avait de toute urgence besoin: l’organisation d’une grande réflexion nationale sur l’identité française! Après avoir batifolé dans la fierté, les Français vont devoir se creuser la tête pour expliquer, chacun dans son dialecte, ce qui les rend si fiers d’eux-mêmes!

Merveille de la démocratie! Nicolas Sarkozy fait confiance au peuple pour s’autodéfinir! Quelques rudiments de philo, quelques heures de Jean-Pierre Pornaud, quelques articles du Parisien et hop, des milliers de Bergson à Kronenbourg vont nous expliquer la France! C’est simple comme un catéchisme républicain de 1873, galvanisant comme un discours de Doriot, historique comme un communiqué de généraux putschistes! (Lire la suite…)

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Jean Sarkozy renonce à l’EPAD: démocratie sauvée ou népotisme dénudé?

0000-1321-4barnum-and-bailey-cleopatra-postersUne grande flatulence de soulagement secoue les tripes du pays tout entier. Le scandale s’achève. Dans sa grande sagesse, Jean Sarkozy renonce à briguer la présidence de l’EPAD et démontre au peuple abasourdi qu’il a vraiment la carrure d’un grand: lucide, ouvert, clairvoyant et pondéré.

Sonnez trompettes! Chantez, thuriféraires! Tombez, culottes! Circulez, discours tout préparés et confiés à chaque membre du gouvernement pour être régurgités sur les ondes et dans les oreilles rétives des malheureux citoyens!

Le fils du Grand Homme est un Grand Homme! Son népotisme écœurant, sa morgue ridicule, ses prétentions démesurées, son mépris du principe d’égalité qui devrait présider au fonctionnement de l’État, son parcours universitaire misérable, tout cela est oublié, puisqu’il a renoncé! Nouveau Cincinnatus, il quitte le pouvoir et ses jouissances pour retrouver son existence modeste – mais quand même menée aux frais du contribuable.

Quel homme! Quel Dauphin! Quel avenir radieux pour la France! Libé nous fournit un petit florilège laxatif des éructations élogieuses qui fleurissent un peu partout. Isabelle Balkany, fanal du génie français, regrette ce beau jeune homme qui aurait fait un sacré président! D’ailleurs,

il a administré la preuve de la force de ses convictions, de son talent et de sa maturité.

Vraiment, il aurait pu, il aurait dû être président. Pas question de lâcher un centimètre! Lefebvre dans le texte maintenant:

Je crois que les millions de Français qui l’ont écouté aujourd’hui ont compris ce soir pour quelle raison la majorité UMP-Nouveau centre du département était derrière lui et considère qu’il a parfaitement la légitimité, la maturité, il en a fait la preuve ce soir, pour être candidat.

Son adjoint au cirage mouille aussi la chemise et se crache dans les mains pour que le moindre bouton de manchette brille de tous ses éclats:

Je suis convaincu que les Français qui doutaient de sa valeur personnelle ont pu vérifier ce soir à travers ses propos son sens de l’intérêt général, sa stature et son talent.

Apparu, maintenant, approximations linguistiques comprises (pauvre homme, pauvre langue!):

C’est une décision courageuse qui fait preuve d’une grande maturité politique.

Et pour Hortefeux, parrain du petit et homme de goût, la prestation du jeune Césarion,

c’est un moment qui suscite le respect.

(Lire la suite…)

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Nicolas Sarkozy et le modèle dynastique

Nicolas Sarkozy Notre Cher LeaderMalheureux lecteur du Grand Barnum, comme je te plains. À force d’entendre résonner partout les grognements satisfaits de tes dirigeants, à force d’être écœuré par les bruits mous des groins fouillant la vase pour y découvrir de nouvelles aberrations politiques, tu te disais que ton pays ne pouvait pas descendre plus bas.  Que la porcherie française en avait eu son content et que ses pulsions morbides de dégradation avaient atteint le stade le plus avancé, dignes des pires dérives autrefois décrites par Michel Tournier.

Tu te trompais. Dans la France sarkozyste, le ravin est sans fond, et la chute va toujours plus loin.

Le concert des louanges a commencé. Les vertèbres ont craqué à mesure que les barons du sarkozysme se sont couchés un à un pour servir de carpette au Prince et justifier le népotisme croissant du système. Jean Sarkozy, fils de Notre Cher Leader tout juste échappé d’une soirée de rallye du 16e arrondissement parisien, va désormais faire briller son talent à la tête de l’EPAD, cette belle pompe à fric au débit annuel d’un milliard d’euros, du haut de ses 23 ans et de sa première année de droit à peine achevée. Il est évidemment l’homme de la situation,  l’homme qu’il nous faut pour diriger une telle structure. Évidemment, après cela, il sera difficile de répondre à un jeune en entretien d’embauche 1. qu’il manque de diplômes 2. qu’il manque d’expérience. Difficile aussi aux enseignants du supérieur de pousser leurs étudiants à continuer leurs efforts en arguant que pour exercer un emploi, il faut s’y être formé. Bref, comme le disait Phenyx dans Le Post, tout cela est désormais affaire de génétique: Jean Sarkozy est génétiquement compétent. De quoi réveiller la HALDE… (Lire la suite…)

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Phormidable Quizz d’Automne: quel antisarkozyste êtes-vous?

jumbobarnumBien conscient de la déception profonde qu’a pu entraîner la fermeture prolongée des guichets du Grand Barnum, j’ai décidé de me racheter, ou à tout le moins d’essayer.

Puisque Le Grand Barnum n’a offert aucune des attractions estivales que ses lecteurs estimés étaient en droit d’attendre (gros plan sur les abdominaux sarkozystes, vidéos de jogging présidentiel, commentaire appuyés sur le lifting de la Première Dadame de France qui, vous l’avez sans doute remarqué, commence à donner des signes de faiblesse), pourquoi ne pas transposer en ce presque début d’automne l’une des activités aoutiennes les plus prisées de notre presse invertébrée: le quizz de plage?

Vous avez beau vous récrier, mais au fond, devant votre écran, dans le secret de l’alcôve, vous pouvez bien vous l’avouer: oui, vous avez déjà rempli l’un de ces questionnaires. Que ce soit à l’occasion d’une constipation prolongée, d’une grippe – porcine ou non – ou d’une après-midi d’ennui sur une plage bondée, vous l’avez fait. Et, bien sûr, vous avez été saisi de la terrible déception post-quizz, programmée en amont et destinée à vous faire remplir d’autres quizz et, par conséquent, acheter d’autres magazines pour enrichir les proches de Nicolas Sarkozy: eh oui, ces questionnaires sont parfaitement nuls.

Le Phormidable Quizz d’Automne (le PQA, donc) ne vous fera pas courir ce risque. D’abord, il est gratuit. Ensuite, il n’y en aura sans doute pas d’autre à la suite. Enfin, contrairement à ceux publiés par la presse magazine, il est d’une qualité absolument irréprochable.

Élaboré par mes soins, il a ensuite été validé par une série de tests rigoureux réalisés par un Expert tel que Notre Président les aime, notre ami le Pr. Gonzo, aliéniste de renom et directeur de l’un des plus grands hôpitaux psychiatriques de Lima.

Le Pr. Gonzo

Le Pr. Gonzo dans ses œuvres

Après avoir attiré à lui un panel d’UMPistes sur diverses plages du sud de la France au moyen de photos de 6m x 6m d’arrestations musclées  et de reconduites à la frontière, le Pr. Gonzo a soumis ses cobayes à un test de Rorschach d’un genre nouveau, fondé sur des nus de Carla Bruni enduits de varech et de goudron. Il a pu ainsi sélectionner les plagistes umpistes dont le stage de dégradation morale, politique, émotionnelle et culturelle était le plus avancé.

Puis en inversant les questions du PQA, selon une herméneutique subtile qui m’a d’ailleurs totalement échappé (mais il faut faire confiance aux experts, puisqu’ils en savent beaucoup plus que nous), le Pr. Gonzo s’est assuré de la validité du dit PQA lorsqu’il serait appliqué à des psychologies exactement inverses de celles qu’il avait sous la main, soit des antisarkoystes. Il a alors pu me certifier que le questionnaire que j’avais élaboré atteindrait parfaitement le but qui lui était fixé, à condition que je modifie légèrement la question n°3, ce qui fut fait.

Commençons donc une belle année réflexive en nous interrogeant sur nous-mêmes grâce au PQA. Et trouvons la réponse à une angoisse ancienne et profonde: mais quels antisarkozystes sommes-nous?

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Le frisson philosophique du Barnum: Nicolas Sarkozy existe-t-il?

sanderPendant que la presse « hexagonale » (quelle jouissance d’utiliser l’une des quinze métaphores connues du monde journalistique!) aggrave ses aphtes à force de lécher le sol sous les pas de Notre Président, la presse internationale s’attache à mériter son salaire et mène tant bien que mal son boulot d’analyse. Perplexe, elle observe l’homme au kärcher, en se demandant quel phénomène de foire la population Française a bien pu choisir de mettre à sa tête.

Est-ce la distance, l’absence de soumission aux intérêts français ou, tout simplement, la jouissance de voir Nicolas Sarkozy offrir l’occasion de médire d’un pays qui agace ? Toujours est-il que cette presse nous apporte régulièrement un peu d’air frais en nous offrant des papiers, souvent très violents, qui nous permettent de prendre conscience du dépérissement qui, concentration et liens incestueux avec le pouvoir économique et politique aidant, affecte chaque jour davantage les médias du pays.

Au hasard d’un vol international et d’un Herald Tribune attrapé en passant pour tromper le jet-lag, un article, passé visiblement inaperçu des médias français, m’a plongé dans une perplexité proprement philosophique. Signé Steven Erlanger, intitulé  » French leader works to develop cultured persona » et doté du sous -itre grinçant « The president’s wife tries to reduce the ‘bling’ and expose him to literature », l’article daté du 27 juillet 2009, et situé en page 3, analysait la manière dont Notre Président, une fois encore, tentait de transformer son image. (Lire la suite…)

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Brice Hortefeux et le racisme: quelques réflexions sur le fonctionnement du système sarkozyste, ou pourquoi Hortefeux n’a pas été et ne sera jamais viré

paradeAlors que la presse échange arguments, contre arguments et analyses de vidéo pour déterminer si le « Quand il y en a un, ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes » de Brice Hortefeux est raciste ou non – et donc s’il faut ou non accepter ses justifications vaseuses, multiples et contradictoires -, une question essentielle semble oubliée par tout le monde : comment un individu tel que lui peut-il occuper un siège de ministre dans un pays à peu près développé?

Tout au long de ces petites enquêtes, on voit en effet se développer de savants raisonnements que n’aurait pas reniés l’inspecteur Clouzot:

- Monsieur Hortefeux se tournait-il vers « notre arabe à nous » ou vers les auvergnats situés derrière lui?

- La force du vent n’a-t-elle pas déformé les propos du brave homme?

- Est-on certain que Monsieur Hortefeux ne parlait pas en fait de la doctrine pré-tridentine de la procession du père et du fils, remettant encore une fois sur le tapis le problème de la trinité, et discutant du problème de la pluralité des êtres divins (un ou plusieurs etc.)?

- N’est-ce pas un socialiste qui, après s’être plaqué une tranche de jambon à l’os sur la figure, se serait habilement fait passer pour Brice Hortefeux et aurait fait ces déclarations immondes en vue de le décrédibiliser?

Bref. Ces réflexions frappées au coin du bon sens omettent pourtant un point essentiel, que le premier macaque venu soulèverait pourtant avant tous les autres: celui qu’en bonne théorie argumentative on appelle la uita ante acta. La vie passée. Les faits qui ont précédé en somme. Seul Le Monde fait un petit topo, mais il en oublie. Beaucoup. Citons donc pour mémoire:

- la stupéfiante déclaration faite à une famille rencontrée sur une aire d’autoroute
- la bourde face à Fadela Amara.
- les injures lancées à la face du Président Obama qui montrent à tous ce que Brice Hortefeux entend par « intégration« .
- les déclarations consacrées au passé glorieux de la ville de Vichy.

Evidemment, il ne s’agit pas d’affirmer que, parce qu’il a déjà tenu des propos racistes, la déclaration pour le moins ambiguë de notre ministre de l’intérieur (on a du mal à y croire, mais si, cet homme est bien ministre de l’intérieur) doit nécessairement être interprétée dans le sens du racisme. Mais disons que le passé éclaire le présent, et que les ambiguïtés de ce type se retrouvent systématiquement chez les mêmes individus. On n’est donc pas surpris que le sort s’acharne sur le malheureux ministre, et qu’une fois encore hélas, il soit celui par qui le scandale arrive.

brice_hortefeuxCe qui étonne davantage le citoyen naïf, c’est surtout que Monsieur Hortefeux occupe encore une place dans le paysage politique. Dans un pays à l’équilibre mental plus solide que celui de notre France d’Après, il y a longtemps que les déclarations à l’emporte-pièce de notre ministre obsédé par l’identité, l’ethnie, la race, les Auvergnats et les Arabes l’auraient privé de toute responsabilité politique. Mais pas en France. Pas sous Nicolas Sarkozy.

Alors on demande sa démission. Elle a été déjà réclamée vingt fois auparavant, mais on la demande encore. Peut-être va-t-on manifester. On fait circuler et on signe des pétitions. Peut-être signerai-je moi-même. Et pourtant, cela ne sert absolument à rien: de l’énergie purement et simplement gâchée.

Car l’offensive sarkozyste  a porté ses fruits et France Soir, sympathique torchon pas particulièrement critique à l’égard du gouvernement, peut affirmer sans ciller que « Brice Hortefeux clôt le débat« . La polémique est close, puisqu’on vous le dit… (Lire la suite…)

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Nicolas Sarkozy, la réforme judiciaire et les progrès de la civilisation: mettre à l’abri les puissants

buffallobillNous y voilà. Plus qu’un petit effort, un petit coup de rein supplémentaire, et la France sarkozyste sera enfin mûre pour le césarisme absolu.

Mardi 1er septembre, Nicolas Sarkozy a reçu le rapport de la fine équipe de  laquais juristes chargée de charcuter le système pénal  français sous la houlette du magistrat en retraite Léger. Les vigoureux réformateurs, sélectionnés avec grand soin par les dresseurs du Barnum sarkozyste, ont travaillé à la serpe, transportés qu’ils étaient par  l’allégresse qu’inspiraient à certains d’entre eux les promotions dont ils bénéficiaient pour leurs loyaux services.

Nicolas Sarkozy va donc pouvoir « arbitrer » un rapport dont le contenu a été dicté par lui-même à la lettre près: l’analyste curieux pourra se livrer à un passionnant travail de collation en rapprochant le torchon Léger aux déclarations à l’emporte-pièces de Notre Président lors de la dernière rentrée de la Cour de cassation. Le suspense quant au devenir de ce rapport n’est d’ailleurs pas bien grand, puisque l’homme au kärcher s’est immédiatement fendu d’un communiqué: figurez-vous que, le jour même de la remise, notre surhomme de président a déjà lu et, en gros, validé les travaux de la commission qui lui sert sur un plateau son propre programme de destruction massive des institutions:

Il a notamment relevé la qualité des propositions visant à simplifier les  procédures d’enquête et de jugement en renforçant le respect des droits des mis en cause et des victimes.

Et, pas honteux, et tout à ses références culturelles péniblement assimilées grâce aux fiches de Guaino, Notre Président nous déclare que sa réforme, qui garantira tranquillité, luxe et protection aux amis du pouvoir,

constitue un véritable enjeu de civilisation.

Le tout, c’est d’y croire… et d’y faire croire. La machine de guerre est lancée, la propagande bat son plein. La Pravda a lancé l’offensive, Téléplouk tourne à plein régime: ne craignez rien, mère Michu, il n’y aura plus de vilain juge Burgaud pour vous jeter sur la paille des cachots humides, papa Sarkozy vous protégera, et Dadame Carla viendra vous border en tenue de plage… Tout est beau, tout est bien, tout est grand et lumineux: mère Michu, tu ne t’en rends pas bien compte, toi qui ne portes qu’une montre merdique – de fabrication chinoise – achetée 14 € 99 sur un étal du marché, mais c’est vraiment la civilisation qui avance. (Lire la suite…)

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Vivement dimanche! Ou comment Nicolas Sarkozy entend pourvoir aux loisirs des Français

Barnum&BaileyMarceline Michu a toujours adoré le mois de juillet. C’est le mois des vacances, où elle peut s’évader à la plage alors que la racaille reste claquemurée dans ses T2 pourris. C’est le mois où la presse people bruisse des destinations de rêve choisies par les stars, et qui bientôt dévoilera la villégiature élue par Notre Président et Dadame Carla (« une femme vraiment bien », comme le dit Marceline).

Mais, surtout, c’est le mois du Tour de France, le seul événement sportif qui ait jamais suscité l’enthousiasme de Marceline: pensez-donc, une compétition remplie de beaux athlètes où pas un seul Noir, pas un seul Arabe ne vient gâcher le plaisir! Ah, c’est autre chose que l’athlétisme, voilà un sport tout blanc! tout propre! Une fête sportive comme dans les années 50, celles de l’avant-immigration, 100% white, 100% mâle, et d’ailleurs sponsorisée par l’ami Ricorée, grand pourvoyeur de clichés publicitaires aux relents campagnards les plus suggestifs. Elle ne manque pas une miette de ce retour à la France d’avant, Marceline, bien qu’elle ait consciencieusement voté, on s’en doute, pour la France d’après.

Mais juillet 2009 a offert à Marceline Michu un délice supplémentaire. Ce mois-là, Marcelline s’en souviendra à jamais avec une insondable émotion. Juillet 2009 est le mois où Nicolas Sarkozy a enfin fait ce qu’il devait faire, le mois où il a répondu aux attentes de la France laborieuse, le mois où il aura enfin autorisé le travail dominical.

C’est que, retraitée depuis bientôt cinq ans, Marceline Michu, ne supportait plus de voir ainsi limitée sa liberté de consommer. Comment de jeunes gens en bonne santé peuvent-ils refuser de gagner plus en travaillant le dimanche à passer à la caisse enregistreuse les achats (litière féline, boîtes pleines de bons OGM, menus objets technologiques…) que Marceline entend faire librement et sans contrainte, quitte, s’il le faut, à leur laisser quelques centimes d’euro en pourboire?  Est-ce qu’elle avait jamais refusé des heures supplémentaires, elle, au cours de sa dure vie de labeur où elle a bien mérité de la patrie? Après tant d’années de cotisation, on voulait lui enlever son plaisir, celui de pousser mollement son charriot de ses gros bras flasques dans les rayons écrasés par les néons du Carrouf local, quand ça lui chante? « Tout ça pour qu’ils continuent à toucher leur érémi à rien faire? », comme elle le souligne avec justesse? (Lire la suite…)

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Le délicat réconfort du féminisme sarkozyste

birthcolorQu’on se le dise, Notre Président est un homme qui n’hésite pas à attaquer frontalement l’épineux problème de la domination masculine.

Grand lecteur de Bourdieu et de Christine Delphy, admirateur de toujours des Guerilla Girls, pourfendeur des clichés machistes (l’homme fort protégeant la femme-enfant, la virilité etc.), Nicolas Sarkozy a toujours su manifester devant les manants les hautes exigences qui l’animent en matière de problématiques de genre. Bon, il y a bien eu quelques écarts, comme:

Il est sain de faire du sport même quand on a des journées très chargées comme moi et Carlita : faites du sport. On adore ça. Je fais 2 à 3 fois par semaine 58 à 62 minutes de jogging. Sauf le week-end dernier, je n’ai pas pu en faire, parce que je me suis marié et j’ai dû assurer.

Rapporté par Le Canard, 13 février 2008

ou comme, toujours à propos de sa nouvelle conquête:

Vous avez vu comme elle est belle ! Et puis, elle en a là-haut. Ca me change

Face à T. Blair, 23 janvier 2008

Mais que voulez-vous, il faut parfois flatter l’adjudant Kronenbourg, qui, même chargé à 3 grammes 5, demeure quand même un électeur…

Bref, ces incartades mises à part, Nicolas Sarkozy est un féministe véritable, version amérique des années 50. Et le grotesque raout d’il y a quinze jours lui  a donné l’occasion de le rappeler à moindres frais.

Car dans la France sarkozyste, les problèmes réels manquent cruellement. L’économie se porte comme un charme, les enseignants acceptent de se faire virer sans moufter, la justice est progressivement muselée, les Universités mises à sac et les libertés publiques piétinées pendant que le badaud applaudi. Il est donc grand temps de trouver un drame à traiter.

Plutôt que de lutter contre des inégalités qui touchent des millions de femmes, flattons donc nos bonnes consciences de Mâles Blancs en pourfendant sans relâche – et  surtout sans risque – un symbole d’oppression qui pourrit la vie de 250  d’entre elles, tout en prenant grand soin de laisser de côté les problèmes réels qui en affligent des millions d’autres. Pensez donc: jouer au féminisme tout en permettant aux Petits Blancs de gonfler leurs pectoraux chétifs et d’affirmer la supériorité de l’Occident civilisateur, voilà une occasion qui ne se présente pas tous les jours.

Car être féministe, pour Nicolas Sarkozy, se résume à une attitude simple, élégante et pratique. Non pas éviter les clichés machistes les plus gras. Non pas prendre soin de conserver des femmes dans son gouvernement lors du remaniement. Non, pensez donc. Être féministe est une chose beaucoup moins contraignante pour le jeu politique et la gestion de l’inconscient. Être féministe, c’est arracher les burqas — ardente nécessité devant laquelle il est interdit de faiblir si l’on ne veut pas que la poitrine de notre belle Marianne ne soit bientôt couverte du voile ignoble de l’oppression islamiste.

Marianne dans 10 ans si Notre Président ne nous défend pas contre l'infâme influence des salafiste déchaînés
Marianne dans 10 ans si Notre Président ne nous défend pas courageusement contre l’influence délétère des excités salafistes

Dans le pays des droits de l’homme — selon la rhétorique automatique consacrée —, comment tolérer, en effet, que le féminisme si profondément ancré dans les gênes de l’Homme Blanc puisse être bafoué par une bande de barbus crasseux décidés à entraver la totale liberté, l’absolu respect et la surprenante égalité dont jouissent sans restriction toutes les femmes vivant dans l’hexagone?

Dans un pays où, en 2003,  82% des actifs travaillant à temps partiel étaient des femmes, dans un pays où, sur  l’ensemble des femmes actives, 29,8% n’avaient pas droit à un temps complet (contre 5,4 % des hommes), comment tolérer qu’un morceau de tissu prétende proclamer aux yeux de tous une infériorité fantasmée par  l’Islam et dont l’Homme Blanc sait bien qu’elle n’existerait pas chez lui si l’homme musulman faisait un effort pour être un tout petit peu moins borné et rétrograde? (Lire la suite…)

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Comment manifester son antisarkozysme tout en étant débordé?

C’est en effet la question qu’il convient de poser après un mois de mutisme sur ce blog (qui avait jusqu’à présent toujours respecté un rythme hebdomadaire de métronome), mutisme dont mes plus fidèles lecteurs se sont étonnées, puis inquiétés.

Pour la première fois depuis un an et demi, je suis véritablement débordé, à tel point que je n’ai plus le temps d’écrire une ligne, et que le peu de loisir qui me reste ne me permet pas  plus de suivre l’actualité de manière sérieuse.

Cet aveu représente donc 1. un signe de vie (je ne suis pas détenu au secret dans un sous-sol de la place Beauvau) 2. de plates excuses à tous mes lecteurs (le silence risque de durer jusqu’à la fin des prétendues « vacances » d’été, ou de n’être brisé que par quelques billets sporadiques) 3. un appel à contribution : qui saura me suggérer un moyen de manifester mon antisarkozysme de façon concise et efficace dans une période où je n’ai pas une minute à moi?

À très bientôt à tous!

LGB

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Entre propagande sarkozyste et pauvreté artistique: Hadopi ou les beaux jours du flicage et de l’abrutissement numérique

les-oies-du-sarkozysmeParce qu’il est fondamentalement jeune, innovant, rupturant et branché, le sarkozysme entretient un lien  fécond avec les nouvelles technologies. Qu’importe que  la malheureuse Christine Albanel prenne OpenOffice pour un firewall! Qu’importe que l’UMP et les carpettes ministérielles n’aient toujours pas compris que les sites web des valets de chambre du Président ministres n’étaient fréquentés que par des internautes en mal de rigolade venant retrouver la joie de vivre en se payant, pendant quelques minutes, la tête des puissants du jour! Qu’importe que les sites de propagande dédiés à l’Homme qui Peut Tout se Permettre aient tous la même apparence parce qu’ils sont produits par la même boîte, gavée mois après mois de deniers publics consacrés à la com’ et à l’abrutissement des masses au lieu d’être utilement employés, disons, à donner aux Universités, à l’hôpital ou à l’institution judiciaire les moyens de fonctionner! L’essentiel, c’est de se persuader que l’on est moderne, quitte à faire ricaner de soi, quitte à ce que la blogosphère retourne contre vous, dans un grand éclat de rire, toutes les armes numériques que vous avez pu mettre au point.

Mais il y a des degrés dans la propagande, comme il y en a dans le ridicule et la laideur. Et il faut reconnaître qu’une étape stade vient d’être franchie.

Le gouvernement vient en effet d’inaugurer un nouveau type de site web: le site de propagande pour une loi. La loi Hadopi, bien sûr.

jaimeartistes

Pour déféquer cette petite merveille, cher internaute, le ministère de la culture a tout d’abord pris sur son budget – celui qui ne servira bientôt plus à subventionner le théâtre public – pour engraisser une agence visiblement pleine de jeunes talents du graphisme et de l’animation flash, l’agence – au nom évocateur – JMS l’inconscient collectif, qui se dit elle-même « prête à voler au secours de vos problématiques marketing ».

La dite agence a alors mis les bouchées doubles, et a produit le site le plus laid jamais mis en ligne depuis les titres clignotants et les petites animations GIF pourries que l’on avait coutume d’admirer durant la préhistoire, entre 1997 et 2001, quand des passionnés d’histoire druidique ânonnant trois balises d’html (en fait, surtout <blink> et </blink>) passaient leur soirée à fabriquer des frames et à choisir des wallpapers qui rendaient tout illisible.

Ce site, qui prouve à lui seul que les normes de com’ visuelle les plus basiques ne sont pas encore passées dans les moeurs, s’intitule, excusez du peu, jaimelesartistes.fr.

Une fois abattu ce travail titanesque, les plumitifs du ministère, gavés à la Fuca, se sont mis au boulot, comme le rappellent les mentions légales de cette déchetterie graphique et intellectuelle:

Vous êtes actuellement connecté sur le site www.jaimelesartistes.fr, édité par le ministère de la culture et de la communication, 182 rue Saint-Honoré 75033 Paris cedex 01 France. L’animation éditoriale et les mises à jour du site sont assurées par le département information et communication.

Pour éduquer la plèbe numérique sur ces sujets auxquels la ministre elle-même ne comprend à peu près rien – sinon qu’elle doit obéir aux injonctions qui lui sont envoyées par les majors -, il suffit, selon la méthode habituelle de la com’ sarkozyste, de prendre ladite plèbe pour un ramassis fétide d’abrutis. On va donc poser des questions, dans des petits onglets, d’où, une fois qu’un crétin aura cliqué, jaillira une réponse totalement objective, rédigée dans une langue attractive employant des mots simples et des tournures pas trop compliquées pour que même un macaque numérique puisse s’en satisfaire. Florilège:

Le projet de loi respecte-t-il la constitution et les libertés fondamentales?

La réponse n’est évidemment pas : « le projet de loi Hadopi va totalement à l’encontre de la règlementation européenne et il y a de fortes chances que le Conseil Constitutionnel trouve à y redire« . (Lire la suite…)

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Rachida Dati et les européennes, ou le courage d’en rire

Les rites ancestrauxOn a eu plus d’une fois l’occasion de relever ici les nombreux travers de Dame Dati : autotélisme, incompétence et pauvreté conceptuelle, caporalisme, absence d’engagement dans les fonctions qu’elle fait mine d’occuper…

Il est temps aujourd’hui de rééquilibrer la balance, et de reconnaître à Dame Dati une qualité non négligeable : celle d’avoir parfaitement compris les règles du jeu et de les exploiter en toute connaissance de cause.

Partons du petit jeu affligeant auquel elle s’est livrée face aux jeunes (???) de l’UMP. Questions réponses, donc, où notre autotélique ministre s’est passablement embourbée, jusqu’à fournir à Libé son titre du jour par une déclaration de haute tenue précisant sa vision de la machine européenne :

L’Europe s’occupe de ce qu’on lui donne à s’occuper avec les personnes qui peuvent porter ces affaires à s’occuper.

Voilà qui nous ramènerait presque à l’ENM, quelques mois en arrière

L’enregistrement de la chose vaut la peine qu’on lui consacre quelques instants.


Européennes : Rachida Dati s’embourbe lors d’un meeting
par Europe1fr

Beaucoup ont ricané face à cette prestation qui n’est pourtant pas plus lamentable que celles dont Dame Dati nous gratifiait à ses débuts. Mais l’encens, désormais, a été remisé au placard, et il est maintenant de bon ton de critiquer celle dont on enregistrait avec vénération les moindres gargouillements gastriques il y a quelques mois. La chute est rude, et la chasse médiatique à nouveau ouverte. S’en plaindra-t-on? Non, il ne faut quand même pas trop en demander. Mais on a malgré tout du mal à applaudir un monde médiatique qui mesure la dureté de ses attaques au statut de ses victimes.

Beaucoup ont évidemment défendu la malheureuse incompétente en opposant les arguments faciles de l’atmosphère, de la détente, de l’absence de sérieux qui marquait la rencontre. Dame Dati elle-même nous explique qu’elle était là pour rigoler… La politique, « c’est aussi rire », apprend-on ainsi. Rire de ces couillons d’électeurs?

Que l’on s’afflige, que l’on apprécie, ou que l’on s’efforce (en vain) de compter à cette occasion le nombre de dents de Dame Dati, il ne faut pas longtemps pour se rendre compte que le fond du problème est tout autre. Que Dame Dati ne sache rien, qu’elle ne parvienne pas à élaborer une phrase correcte et qu’elle dispose en tout et pour tout d’une petite dizaine de concepts esseulés, qui l’ignorait encore?

Non, la nouveauté réside dans la décontraction avec laquelle Dame Dati parvient à assumer son incompétence. On lui a fabriqué des fiches, elle n’y a rien compris: elle le dit, elle en rit. Elle se présente devant les citoyens pour occuper un siège de parlementaire européen, elle ne sait à peu près rien de l’Europe: elle le dit, elle en rit. Elle  endosse comme à son habitude un rôle de petite fille charmante et espiègle, ce qui n’a évidemment pas grand chose à voir avec une fonction politique: elle le dit, elle en rit. Elle conçoit la pensée politique comme un exercice mécanique d’apprentissage (douloureux) et de régurgitation (pénible): elle le dit, elle en rit.

dents_dati

Le dire est déjà admirable: Rachida Dati exhibe les ficelles et les faux semblants qui lui ont permis d’arriver là où elle se trouve aujourd’hui. En rire est encore plus savoureux: notre autotélique ministre affirme ainsi la stabilité de sa position. Déclarant qu’elle ne sait rien, riant au nez des électeurs, elle nous fait bien comprendre de quoi il retourne: elle sera élue, quoi qu’il en coûte à l’intelligence collective, quoi qu’il en coûte à la représentation nationale, quoi qu’il en coûte à l’Europe.

On objectera qu’elle se trouvait face à un public complice. Certes, et c’est précisément cette complicité qui l’a poussée à tomber le masque: Rachida Dati se moque de ses mandats, de ceux qui les lui confient, et de ce que tout le monde peut en dire. Rachida Dati rit, se regarde, et rit encore.

Mais cette fois-ci, c’est de nous…

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La révolte des Universités, Luc Cédelle et la pauvreté de l’amalgame

circus019Luc Cédelle, journaliste au Monde et spécialiste de tout ce qui touche à l’éducation, n’apprécie pas que des malotrus aient l’insigne culot de ne pas accepter sans souffler mot les reportages un rien orientés que son employeur consacre au mouvement des universitaires.

Désireux de prouver la bonne foi et l’ouverture d’esprit qui caractérisent nécessairement tous ceux qui nous font bénéficier de leurs lumières par l’intermédiaire du Monde, Luc Cédelle a jugé bon de s’en prendre au billet, fort lu au demeurant, que j’avais consacré à l’article de Christian Bonrepaux, Benoît Floc’h et Catherine Rollot, article dans lequel ces trois grands reporters démontraient, avec une objectivité sans faille, que la mobilisation des Universités était nuisible à leur « image ».

Tout à sa quête de rigueur journalistique, M. Cédelle n’hésite pas à dégainer l’arme ultime: à ses yeux, le titre de ce billet, auquel il renvoie après maints anathèmes et circonlocutions destinés à faire naître l’indignation du lecteur bénévole, dénote des orientations fascisantes! Vous ne rêvez pas, bienvenue vingt ans en arrière: le titre de mon billet,  (Nicolas Sarkozy, la destruction de l’Université et le choléra mental du journal Le Monde) évoque à M. Cédelle un article de Louis Pauwels, et l’expression « sida mental » qu’il contenait. Louis Pauwels, homme de droite très à droite notoire, proche du GRECE… Excusez du peu.

Pas un mot sur le fond du billet, évidemment: quelques bons sous entendus (« Dans le champ des idées, les accidents arrivent plus vite qu’on ne croit »), un soupçon de théorie du complot (« Cette personne n’a pas l’air toute seule ») et d’appel à la délation (« quelqu’un que je n’ai pas encore (mais est-ce, après tout, nécessaire ?) identifié sous un nom »), voilà qui est bien suffisant. Et puis un titre… Un titre qui dit tout du fond fascistoïde de ceux qui osent  ne pas saluer bien bas tout ce que Le Monde déballe dans ses pages. (Lire la suite…)

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Et sur le même sujet (ou pas trop loin...), Le Grand Barnum vous propose:

De l’art d’aggraver son cas: mais taisez-vous donc, Alain Destrem!

big-bingoQuand on dérape, on cherche ensuite à s’en sortir. Comme on peut. C’est une entreprise périlleuse, dont le succès est directement corrélé à:

1. La taille de la bourde de départ
2. La qualité de la myéline dont Dame Nature a doté l’individu concerné

Hélas, trois fois hélas, ces deux critères jouent pleinement en la défaveur d’Alain Destrem qui éprouve visiblement des difficultés infinies à s’extraire du bourbier dans lequel il s’est joyeusement fourré.

Le pauvre homme s’est en effet fendu d’une nouvelle déclaration, histoire d’enfoncer le clou de justifier son dérapage:

« Devant la multiplication des réactions aux propos que j’ai tenus sur Madame Ségolène Royal lors du Conseil de Paris du 6 avril, je tiens à préciser que mon attitude n’a été que la manifestation de mon indignation face aux déclarations irresponsables de Madame Royal, demandant  » pardon  » aux Africains pour le discours prononcé par Nicolas Sarkozy à Dakar en 2007. Sans parler de la photo de Madame Royal, publiée le meme jour dans Le Parisien, la montrant coiffée d’un boubou… Tout ceci m’est apparu bien éloigné de l’image que l’on peut avoir d’une femme politique d’envergure, au demeurant ancienne candidate à la Présidence de la République. Face à une polémique qui semble naitre, je retire mes propos. »

Non, non, vous n’avez pas rêvé: le pauvre homme en rajoute. Relisons:

Sans parler de la photo de Madame Royal, publiée le meme jour dans Le Parisien, la montrant coiffée d’un boubou… Tout ceci m’est apparu bien éloigné de l’image que l’on peut avoir d’une femme politique d’envergure

Pensez-donc, une femme en boubou faire de la politique! Vous n’y pensez pas? Pourquoi pas une noire pendant qu’on y est? Ou une arabe? Ou une chinoise? Baaaah! Vous imaginez? Ce serait vraiment à se tordre de rire! Et puis une femme, hein, faire de la politique, quand même…

Ce qui est fascinant, c’est que le pauvre homme ne parvient pas à saisir  l’obscénité de ses propos. L’assurance pesante de la droite satisfaite et décomplexée, comme me l’écrivait Monsieur R. hier soir…

ellen_johnson_sirleaf_unityparty

Mais pourquoi cette femme de ménage pose-t-elle devant des drapeaux, hein? Il faudrait quand même dire à Ellen Johnson-Sirleaf, présidente du Libéria, qu’elle devrait enlever tous ces chiffons (bleus en plus, ridicule comme Ségo!!!), parce qu’elle n’est franchement pas crédible. Femme, noire et en boubou bleu, elle devrait  consulter de vrais hommes politiques, comme Alain Destrem, dont les électeurs auront au moins entendu parler à cette occasion, peut-être la seule en 26 ans de mandat. Quelle tristesse! On imagine, à partir de cet échantillon, combien les saillies quotidiennes du pauvre homme doivent être truculentes, et ce qu’a perdu le génie français en les ignorant jusqu’à ce jour…

Malheureux habitants du 15e arrondissement parisien! Leurs impôts locaux servent à payer les émoluments de cette caricature d’homme politique flaubertien.

Franchement, sans même savoir ce qu’il touche, on subodore que cela fait cher du neurone.

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