Caligula vs. Sarkozy : le fight !

L’affrontement tant attendu a enfin lieu!

Face à l’immense adversaire qu’est N. Sarkozy, face à la force de frappe du World Travelling Fair La boxe !and Egyptian Pornodrome, Caligula (avec qui l’on peut faire connaissance ici), malgré ses légions, tremble… Il tombe néanmoins la toge et s’équipe, corps huilé, totalement à poil, cistes au poing. Face à lui, N. Sarkozy laisse glisser dans un chuintement le peignoir de soie rouge (siglé Grand Barnum) qui couvre son corps athlétique, ôte ses Ray-Ban et crache son chewing-gum avec l’élégance qui a fait de lui la coqueluche des sommets internationaux. Sa poitrine est barrée de deux tatouages : Cicéron à gauche, Aristote à droite. Sur le dos, un Thomas d’Aquin stylisé, portant le képi blanc et brandissant un FAMAS. Ils sont prêts. Le gong sonne. Fight!

Le combat est prévu en 7 rounds !

Les combats

Au premier plan, Caligula (short vert) et Sarko (short rose), accompagnés respectivement – pour Caligula : de Chaerea (préfet du prétoire), du futur empereur Claude et de prétoriens (shorts noirs) – pour Sarko : de D. Martinon, B. Hortefeux et de sicaires de la PAF spécialisés dans la reconduite aux frontières (shorts bleu gendarme)

Round 1 : les femmes

Comme Sarkozy, Caligula aime les femmes, et plus encore celles qu’il pique aux autres. Le grand plaisir de l’Empereur était d’inviter des couples à dîner et de cocufier les maris sous leurs propres yeux. Il choisissait, très simplement, l’une des épouses, l’emmenait dans l’arrière-boutique et lui faisait tranquillement son affaire. Citons Suétone :

Souvent il invitait les femmes les plus illustres à souper avec leurs maris, les faisait passer devant lui, et les soumettait à un examen attentif et lent, comme s’il eut voulu les acheter ; il allait même jusqu’à leur relever le menton avec la main, si la pudeur leur faisait baisser la tête. Puis, prenant à part celle de son choix, il sortait de la salle à manger autant de fois qu’il lui plaisait, et, rentrant quelque temps après avec les marques toutes récentes de la débauche, il louait ou critiquait ouvertement ce que sa personne et ses rapports avec elle avaient d’agréable ou de défectueux.

Délicieux donc. Son adversaire, lui, fait encore plus fort. Lui aussi aime les femmes en couple (touchez en un mot à Raphaël Enthoven ou, par spiritisme, à Jacques Martin…) et, si possible, célèbres. Lui aussi aime à commenter les qualités de ses maîtresses (le fameux « Vous avez vu comme elle est belle ! Et puis, elle en a là-haut » lâché face à Tony Blair à propos de C. Bruni) et les défauts de celle qu’il répudie (Elle en a là-haut! ça me change!, ibidem). Mais il fait mieux. Il est lui-même un mari trompé! ça, Caligula ne l’aurait jamais accepté, et c’est là son erreur. Car tout en volant les femmes des autres, notre président arrive… à se faire plaindre. Et ça, c’est du vrai barnum! Sarkozy 1 : Caligula 0

La séduisante femme à barbe

Livia Orestilla, légitime de Caius Pison, séduite bon gré-mal gré par Caligula

Round 2 : les fringues

Comme Sarkozy, Caligula aime la sape, et surtout celle qui se voit. Écoutons Suétone, une fois encore:

Souvent il endossait des casaques bigarrées et couvertes de pierreries, et se montrait ainsi en public avec des manches et des bracelets. Quelquefois il portait des robes de soie arrondies et traînantes. Il mettait tour à tour des sandales ou des cothurnes, des chaussures militaires ou des brodequins de femme. D’ordinaire il paraissait avec une barbe d’or, tenant en main les insignes des dieux, la foudre, le trident ou le caducée.

L’or, toujours l’or. Sous sa toge, notre consul a toujours une Rolex série limitée qui, au poids, vaut plus que les pierreries ridicules de l’empereur. Tout brille, tout scintille… sauf la barbe. Notre consul ne se dore pas la barbe et ne se promène pas avec des éclairs dorés à la main ! L’empire bling-bling écrabouille sans mal la république clinquante ! Sarkozy 1 : Caligula 1.

Caligula

Caligula, sur lequel on devine une toge John Galliano (collection 39 ap. J.-C.) en tulle et résille

Round 3 : les dieux

Comme Sarkozy, Caligula aime les dieux, les siens et ceux des autres. Il les aime tellement qu’il se prend pour l’un d’entre eux et se déguise, tantôt en Pollux, tantôt en Vénus, tantôt en Jupiter et finit, nous dit Suétone, par décapiter les statues pour les affubler chacune de son horrible trogne. Bref, il devenait parfaitement piqué :

Le jour, il s’entretenait secrètement avec Jupiter Capitolin, tantôt lui parlant à l’oreille et feignant d’écouter ses réponses, tantôt élevant la voix et se brouillant avec lui…

S’il ne se déguise pas en dieux, notre consul, lui, voit des dieux partout. Ainsi, Ron Hubbard est un dieu, et la Scientologie une religion. Ainsi, il faut traiter les sectes de façon « libérale », car, comme chacun sait, « la croyance diffuse des valeurs, et tout ce qui diffuse des valeurs est positif » (la valeur-sciento étant, pour l’essentiel, le pognon). La victoire, dans ce round, ne fait plus de doute : alors que Caligula, ce minable, joue avec les dieux que tout le monde reconnaît comme tels, le consul Sarkozy transforme en religion ce que tous considèrent comme une vaste blague. Sommet du barnum ! Sarkozy 2 : Caligula 1.

Les rites ancestraux

Caligula accomplissant les rituels ancestraux de Rome après y avoir ajouté sa touche personnelle

Round 4 : faire élire des bourrins

Comme Sarkozy, Caligula voulut faire élire n’importe qui consul. Et, pourquoi pas, son cheval. Suétone encore :

La veille des jeux du cirque, il ordonnait à des soldats d’imposer silence à tout le voisinage pour que rien ne troublât le repos de son cheval Incitatus. Il lui fit faire une écurie de marbre, une crèche d’ivoire, des housses de pourpre et des licous garnis de pierres précieuses. Il lui donna un palais, des esclaves et un mobilier, afin que les personnes invitées en son nom fussent reçues plus magnifiquement. On dit même qu’il voulait le faire consul.

C’est que ce cheval gagnait toutes les courses ! Notre consul, lui, a fait mieux. Il a lui aussi tenté de faire élire un bourrin, mais un bourrin qui n’avait encore jamais couru dans l’arène… Ainsi, il poussait la plaisanterie encore plus loin. Caligula voulait faire élire une bête de course. Sarkozy, lui, avait choisi un tocard. La balance penche à présent. Sarkozy 3 : Caligula 1.

David Martinon, chevauché par Sarkozy, galope vers l’échec

David Martinon, chevauché par Sarkozy, galope vers l’échec et le ridicule complet

Round 5 : les fausses victoires

Comme Sarkozy, Caligula aime à célébrer des victoires qu’il n’a pas remportées. Ainsi, il affirma avoir vaincu l’océan:

Enfin, comme pour terminer la guerre, il dirigea son front de bataille vers le rivage de l’Océan. Il disposa les machines, et les balistes, sans que personne connût ou pût deviner son dessein. Tout à coup il ordonna qu’on ramassât des coquillages, et qu’on en remplît les casques et les vêtements. « C’étaient, disait-il, les dépouilles de l’Océan dont il fallait orner le Capitole et le palais des Césars. »

Sarkozy, lui, s’est longuement enorgueilli d’avoir démocratisé un dictateur. Khadafi dompté fut promené dans tout Paris comme un trophée, pour prouver la puissance de persuasion de notre président. Résultat, le dictateur s’est contenté de piétiner la figure de tout le monde et s’en est payé une bonne tranche pour pas un rond pendant une semaine. Et en plus, il a sali les tapis du château de Versailles… Sommet du Barnum : des dépouilles qui crachent dans la figure du vainqueur ! Les coquillages, au moins, ils étaient présentables, et muets… Sarkozy 4 : Caligula 1.

Khadafi à Versailles

Khadafi, le coquillage de Sarkozy

Quelle déception ! Quelle immense déception ! Totalement épuisé, le nez brisé et les gencives en sang, Caligula est contraint de jeter l’éponge. Il n’ira pas jusqu’au bout du combat. L’empereur dénoue ses cistes, et va sobrement vomir ses tripes derrière le ring. Son adversaire se tourne vers la foule qui, ce soir, l’acclame à 36 %. Peuple ingrat…

Everlast

Notule bibliographique à l’intention des universitaires sourcilleux : on notera que cette affaire de coquillages est très controversée. Sur ce point, on se reportera avec profit à :

WOODS D., « Caligula’s Seashells », Greece & Rome, 47, 2000, p. 80-87.
HIND J. G. F., « Caligula and the Spoils of Ocean: A Rush for Riches in the Far North-West? », Britannia, 34, 2003, p. 272-274.

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